L’UCAD mise sur l’IA pour renforcer son positionnement dans l’écosystème académique et technologique africain (responsable)
L’UCAD mise sur l’IA pour renforcer son positionnement dans l’écosystème académique et technologique africain (responsable)

SENEGAL-UNIVERSITE-INNOVATION

Dakar, 13 avr (APS) – L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) entend renforcer son dispositif d’intégration de l’intelligence artificielle (IA) devant lui permettre de renforcer son positionnement dans l’écosystème académique et technologique africain, a indiqué sa directrice des affaires pédagogiques, Maguette Dieng.

Elle a notamment fait savoir que cette évolution va être matérialisée à travers la déclinaison de cinq modules articulés autour d’un programme structuré de formation des enseignants et d’encadrement des usages des étudiants.

‘’Le premier pose le socle pédagogique avec le cahier du participant et le syllabus de cours. Le deuxième couvre les fondamentaux de l’IA, notamment le fonctionnement réel des systèmes d’enseignement, leurs capacités et leurs limites’’, a expliqué le professeur Dieng, lors d’un entretien avec l’APS.

Le troisième module, a-t-elle ajouté, est consacré aux stratégies pédagogiques augmentées par l’IA, ainsi qu’aux enjeux éthiques, tandis que le quatrième porte sur l’usage de ces technologies dans la recherche. Enfin, le cinquième module aborde l’encadrement académique assisté par l’IA.

Sous l’impulsion du recteur, le professeur Alioune Badara Kandji, la direction des affaires pédagogiques a également mis en place plusieurs initiatives structurantes, dont des ateliers pratiques basés sur des cas réels, des sessions régulières de démonstration d’outils et des laboratoires d’expérimentation, a précisé la directrice des affaires pédagogiques.

Elle a fait observer que l’UCAD a déjà constitué des communautés de pratique et de co-conception de ressources, évoquant l’organisation de ‘’cafés pédagogiques’’ dédiés à l’IA.

Ces cadres d’échanges sont destinés, a-t-elle assuré, à renforcer les acquis des enseignants et à évaluer l’impact des formations sur les pratiques pédagogiques et les performances des étudiants.

Sensibilisation aux risques de l’IA

Ces dispositifs servent également de cadre de sensibilisation aux risques liés à l’IA, notamment les biais et les dérives possibles, tout en amorçant une réflexion sur le ‘’cadrage stratégique et normatif’’ encore en construction, a souligné Maguette Dieng.

Des rencontres avec les étudiants sont notamment prévues, en collaboration avec la direction de la vie universitaire, afin de promouvoir ”un usage responsable fondé sur l’esprit critique, la rigueur scientifique et l’intégrité académique”.

Evoquant les résultats attendus de l’intégration de l’intelligence artificielle dans la formation des enseignants et l’encadrement des étudiants, la directrice des affaires pédagogiques de l’UCAD a indiqué qu’elle produit déjà ‘’trois améliorations concrètes’’ : la personnalisation des apprentissages, un feedback plus rapide et détaillé, et une meilleure préparation des étudiants au marché du travail.

‘’L’IA permet d’adapter le contenu aux besoins de chaque étudiant, là où l’amphithéâtre impose un format unique’’, a-t-elle affirmé, ajoutant que l’automatisation partielle des évaluations libère du temps pour le mentorat et la réflexion critique.

Au-delà des pratiques pédagogiques, a fait savoir Maguette Dieng, l’enjeu est également économique et stratégique dans le contexte actuel, où les compétences en IA deviennent transversales et recherchées dans de nombreux secteurs. 

‘’Un diplômé qui maîtrise ces outils IA de manière critique a un avantage réel’’, a estimé la directrice des affaires pédagogiques de l’UCAD.

‘’Nous ne formons pas des consommateurs d’IA, mais des producteurs de solutions’’, a-t-elle affirmé, mettant en avant l’importance des travaux sur les biais des données africaines, dans les langues locales et les enjeux de souveraineté numérique.

BAB/ABB/MTN