Logement : le ministère de tutelle réaffirme son option pour le partenariat public-privé
Logement : le ministère de tutelle réaffirme son option pour le partenariat public-privé

SENEGAL-SOCIETE-STRATEGIE

Dakar, 23 fév (APS) – Le directeur de l’aménagement urbain et de la restructuration au ministère de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement du territoire, Momar Ndiaye, a réaffirmé, lundi, à Dakar, l’option du gouvernement en faveur d’un partenariat public-privé pour démocratiser l’accès à l’habitat, saluant les initiatives prises dans ce sens par des acteurs privés.

“Aujourd’hui, l’État accorde une importance capitale à la participation du secteur privé dans les programmes liés à l’accès au logement”, a-t-il déclaré en marge d’un forum sur les enjeux et les innovations dans le secteur du bâtiment.

Il a rappelé que le département dirigé par le ministère de l’urbanisme met en œuvre un programme national d’accès au logement et de renouveau urbain dont l’ambition est de démocratiser l’habitat tout en rénovant les quartiers précaires, en faisant valoir que le Sénégal compte environ 9.000 hectares de bidonvilles abritant près de trois millions d’habitants.

“Lorsqu’on parle d’accès au logement, il faut d’abord régler ces problématiques liées à l’habitat décent”, a souligné M. Ndiaye, ajoutant que pour ce faire, l’État a engagé une vaste opération de mobilisation foncière, avec plus de 20.000 hectares sécurisés à l’échelle nationale.

“L’objectif est de mettre une partie de ces assiettes à la disposition du secteur privé pour développer leurs modèles économiques et produire des logements, notamment sociaux”, a expliqué le directeur de l’aménagement urbain et de la restructuration au ministère de l’Urbanisme.

Il a précisé qu’une proportion du foncier mobilisé sera également attribuée à des sociétés nationales telles que la Société nationale des habitations à loyer modéré (SN-HLM), la Caisse des dépôts et consignations, la Société immobilière du Cap-Vert (SICAP) et SAFRU, Société d’aménagement foncier et de rénovation urbaine, en vue d’aménager les terrains et de favoriser l’autoconstruction.

Concernant la régulation du marché locatif, il a relevé que Dakar, avec une densité estimée à 5.800 habitants au kilomètre carré, concentre plus du quart de la population nationale, ce qui accentue la pression sur les loyers.

“Il est nécessaire d’impliquer davantage l’équité territoriale dans la gestion du secteur locatif afin d’identifier clairement les bailleurs et les locataires”, a-t-il soutenu, estimant que cette identification faciliterait la régulation des loyers et l’application des taxes prévues, notamment la contribution globale foncière.

Selon lui, l’identification des acteurs du secteur permettra d’améliorer la traçabilité et de renforcer la capacité de l’État à encadrer les prix.

Il a également insisté sur la sécurisation foncière comme préalable à toute politique efficace de logement.

“Une assiette sécurisée permet aux bénéficiaires d’être bancables et d’accéder au crédit”, a-t-il expliqué.

Il a indiqué que la nouvelle orientation vise à corriger les limites des politiques antérieures, souvent centrées sur la classe moyenne solvable.

“Il faut démocratiser l’accès au logement pour tous les Sénégalais, en particulier les couches vulnérables”, a-t-il affirmé, soulignant que la sécurisation et l’aménagement du foncier constituent les premières étapes de cette stratégie.

AN/BK