L’OFNAC engage une cartographie des risques de corruption dans les transports routier et aérien
L’OFNAC engage une cartographie des risques de corruption dans les transports routier et aérien

SENEGAL-TRANSPORTS-GOUVERNANCE

Mbour, 16 sept (APS) – L’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC) a engagé un exercice de cartographie des risques de corruption dans les secteurs des transports routier et aérien, avec l’objectif d’identifier les vulnérabilités des procédures et de proposer des mesures adaptées pour renforcer la transparence et l’intégrité dans ces domaines, a annoncé, mercredi, à Saly (Mbour), son président Moustapha Ka.

“Cartographier un risque, ce n’est pas désigner un coupable ni désigner une administration”, a-t-il déclaré à l’ouverture d’un atelier consacré à cette démarche, laquelle réunit notamment des représentants de l’administration publique, des services techniques, des forces de défense et de sécurité, des professionnels du transport, des organisations syndicales et professionnelles, des acteurs de l’assurance et de la société civile.

Selon Moustapha Ka, cette initiative s’inscrit dans une démarche développée par l’OFNAC pour collaborer avec les acteurs des secteurs stratégiques de l’économie nationale, afin d’identifier ensemble les risques susceptibles de favoriser la corruption et de mettre en place des mécanismes permettant de les réduire.

Moustapha Ka a rappelé que l’année 2025 a constitué “une étape importante” dans le renforcement de l’architecture nationale de prévention et de lutte contre la corruption, avec l’adoption de quatre textes législatifs et de quatre textes réglementaires.

Il a notamment cité les lois 2025-12 du 3 septembre 2025 portant création de l’Office national de lutte contre la corruption, 2025-13 relative à la déclaration de patrimoine, 2025-14 portant statut et protection des lanceurs d’alerte et 2025-15 concernant à l’accès à l’information, ainsi que leurs quatre décrets d’application.

Ce nouveau corpus juridique, a-t-il souligné, “refonde notre dispositif national d’intégrité” et vise notamment à renforcer la prévention de la corruption, la transparence et la redevabilité, tout en améliorant la détection des atteintes à la probité et la protection des lanceurs d’alerte.

Le président de l’OFNAC a insisté sur la nécessité d’agir en amont, estimant que la lutte contre la corruption “ne saurait se limiter à intervenir lorsque l’acte a été déjà commis”.

L'OFNAC engage une cartographie des risques de corruption dans les transports routier et aérien
Moustapha KA, président de l’OFNAC

Selon lui,  la prévention doit permettre d’anticiper les risques, de sécuriser les procédures et d’accompagner les administrations dans la maîtrise et la gestion des vulnérabilités.

Le choix des transports routier et aérien s’explique, à son avis, par leur rôle central dans la vie économique et sociale du pays.

Ces secteurs impliquent de nombreuses procédures d’autorisation et de contrôle, notamment la délivrance des permis de conduire, licences et agréments, le contrôle technique des véhicules, les contrôles routiers, la gestion des infrastructures ainsi que le paiement des amendes et pénalités.

“Partout où existe une décision administrative, un contrôle, une autorisation, une sanction ou un pouvoir d’appréciation, il convient de s’assurer que les procédures sont suffisamment transparentes et sécurisées pour prévenir les risques de corruption”, a-t-il soutenu.

Moustapha Ka a également établi un lien entre gouvernance, intégrité et sécurité des personnes, en évoquant l’accident survenu à Sikilo en janvier 2023, qui avait causé la mort de 40 personnes.

Il a rappelé que 23 mesures avaient été préconisées à la suite de ce drame, concernant notamment les conditions d’exploitation des transports de passagers et de marchandises, le contrôle technique, l’octroi des agréments, l’accès au permis de conduire et la dématérialisation du paiement des amendes et pénalités.

Pour le président de l’OFNAC, ces mesures montrent que, dans le secteur des transports, “l’intégrité n’est pas seulement une question de bonne gouvernance”, mais peut également constituer “une question de sécurité publique”.

Au terme des trois jours de travaux, l’OFNAC entend disposer d’un outil d’aide à la décision permettant aux autorités et aux acteurs du secteur de cibler les principales vulnérabilités.

L’exercice devra notamment déboucher sur un plan de mitigation des risques de corruption, assorti de recommandations opérationnelles et d’une feuille de route.

Moustapha Ka a appelé les participants à faire de ces travaux “un véritable espace de dialogue professionnel ouvert, franc et constructif”, fondé sur l’examen des procédures telles qu’elles fonctionnent réellement, mais aussi sur l’identification des bonnes pratiques et des éventuelles insuffisances des mécanismes de contrôle.

DS/HB/ADL/BK