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Dakar, 30 avr (APS) – Le Sénégal occupe la 78e place du classement mondial 2026 de la liberté de presse sur 180 pays, soit une régression de 4 places, par rapport à l’année précédente, a appris l’APS jeudi, de Reporter sans frontières (RSF).
Le Sénégal était à la 74e place en 2025, a rappelé cet organisme de défense de la liberté de la presse, lors d’une conférence de presse tenue à Dakar.
Reporters sans frontières justifie ce “recul” du Sénégal par ”des difficultés économiques des médias et la recrudescence des menaces envers les journalistes ces dernières années”.
‘’Bien que le pays offre traditionnellement un contexte favorable à la presse, les difficultés économiques des médias et la recrudescence des menaces envers les journalistes, ces dernières années, créent les conditions d’un recul du droit à l’information. Le pluralisme médiatique est contrebalancé par la prédominance des sujets politiques dans le traitement de l’information’’, indique un document remis aux journalistes.
Le texte renseigne qu’en dehors des médias du secteur public et de quelques groupes de presse privés, “un modèle économique pérenne fait défaut pour les médias au Sénégal”.
De même, ajoute RSF, les subventions publiques aux médias, qui étaient “déjà insuffisantes et principalement captées par les médias publics, ont été gelées pendant deux ans avant d’être rétablies début 2026”.
Cet organisme a salué l’adoption de la loi sur l’accès à l’information qui “garantit à chaque journaliste le droit d’obtenir des informations détenues par les institutions publiques et certains acteurs privés investis d’une mission de service public”.
Malgré l’arsenal juridique qui favorise généralement l’exercice de la profession de journaliste, les acteurs sont assez inquiets du maintien, dans le Code de la presse voté en 2017, de lourdes peines privatives de liberté pour de simples délits de presse”, déplore-t-il.
Abordant la question de la sécurité des journalistes au Sénégal, RSF constate que les années précédentes étaient marquées par une “recrudescence des arrestations et des violences contre les professionnels des médias, et qu’une vingtaine d’attaques contre les journalistes ont été répertoriées durant la période électorale de 2024”.
Elle note que les conditions de sécurité des journalistes “se sont d’abord améliorées, avant une reprise des convocations et interpellations de journalistes en raison de leur travail”.
Reporter sans frontières souligne que c’est “la première fois dans l’histoire du Classement mondial de la liberté de la presse” que “plus de la moitié des pays du monde sont en situation “difficile” ou “très grave”, notant qu’en 25 ans, “le score moyen de l’ensemble des pays étudiés n’a jamais été aussi bas”.
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