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Tivaouane, 6 mai (APS) — La sociologue Alimatou Dia a pointé du doigt, mardi à Tivaouane, un ‘’silence imposé’’ qu’elle qualifie d’‘’hypocrisie familiale’’, qui favorise la reproduction des violences sexuelles envers les adolescents.
S’exprimant en marge d’une réunion consacrée à la protection des adolescents, elle a souligné qu’en cas de violence sexuelle, ‘’la victime est souvent contrainte au silence pour éviter le scandale, tandis que l’agresseur peut être protégé au nom de la cohésion familiale’’.
Des acteurs communautaires, institutionnels, entre autres, ont pris part à cette rencontre organisée dans le cadre du projet WAAR+ qui ambitionne de renforcer la prévention des violences sexuelles et des mariages d’enfants à travers une approche communautaire et inclusive.
Pour la sociologue, ce ‘’silence imposé’’ ne relève pas seulement d’un tabou social, mais plutôt d’un ‘’véritable mécanisme de reproduction des violences’’ basées sur le genre.
‘’Il s’agit d’une seconde violence qui prolonge le traumatisme des victimes de violences sexuelles et entrave l’accès à la justice’’, a-t-elle affirmé.
Alimatou Dia a également attiré l’attention sur la vulnérabilité accrue de certaines catégories, notamment les talibés, les adolescents et les personnes vivant avec un handicap, souvent confrontées à des difficultés d’accès aux services de santé et de protection.
Selon elle, pour qu’une stratégie soit efficace, elle doit impérativement intégrer une transformation des normes sociales au sein des familles.
‘’L’honneur ne saurait justifier le déni. La dignité et la sécurité doivent primer’’, a-t-elle relevé, appelant à rompre cette spirale du silence et à repositionner la famille comme un espace de protection.
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