SENEGAL-AFRIQUE-SANTE
Dakar, 17 juil (APS) – Le Sénégal a franchi une étape importante dans la prise en charge des troubles du rythme cardiaque avec les premières implantations de pacemakers sans sonde réalisées à l’hôpital général Idrissa Pouye de Grand-Yoff, à Dakar, une première en Afrique de l’Ouest qui positionne le pays comme une référence sous-régionale dans ce domaine.
Ces implantations de pacemakers ont été réalisées pour le compte d’une mission technologique organisée au Centre hospitalier universitaire (CHU) Idrissa Pouye de Grand-Yoff (HOGIP), dans le cadre d’un programme de formation et de transfert de compétences impliquant la Société sénégalaise de cardiologie, des spécialistes français et des partenaires industriels.
Le professeur Simon Sartre de l’Université de Nantes, chef de mission, a salué l’engagement des autorités sanitaires et des équipes sénégalaises, ajoutant que l’intégration de cette technologie dans un programme académique constitue “la clé du succès” du Sénégal et devrait permettre au pays d’occuper une place de premier plan en Afrique de l’Ouest dans le domaine de la rythmologie interventionnelle.
“Ces stimulateurs cardiaques miniaturisés, pesant entre un et deux grammes, offrent des avantages considérables par rapport aux dispositifs conventionnels”, a expliqué le spécialiste.
“Implantés directement dans le cœur sans boîtier ni sonde, ils réduisent significativement les complications tout en assurant une durée de fonctionnement pouvant atteindre vingt ans”, a-t-il précisé.
La mission de cinq jours a débuté par une formation destinée à des cardiologues issus de cinq pays africains sur les techniques de stimulation cardiaque destinées aux patients souffrant de troubles sévères du rythme, a signalé le rythmologue interventionnel Adama Kane, enseignant-chercheur à l’Université Gaston-Berger de Saint-Louis.
La seconde phase de la mission est consacrée à la certification de l’équipe sénégalaise pour la pose des pacemakers sans sonde, grâce à l’appui de spécialistes venus notamment de l’Hôpital européen Georges-Pompidou de Paris et du Centre hospitalier universitaire de Lille, a ajouté professeur Kane.
“Il s’agit d’une petite capsule d’environ 33 millimètres qui est introduite par voie veineuse et fixée directement dans le cœur sous contrôle radiologique, sans ouverture chirurgicale, sans boîtier et sans sonde”, a-t-il indiqué.
Au total, sept patients bénéficieront gratuitement de cette technologie au cours de cette mission, dont cinq dans le cadre de la certification des opérateurs locaux.
Le professeur Kane a insisté sur la nécessité d’un accompagnement des pouvoirs publics afin de rendre cette innovation accessible au plus grand nombre. Bien que plus coûteux que les pacemakers conventionnels, ces dispositifs permettent, selon lui, de traiter définitivement certaines pathologies potentiellement mortelles.
“Ce sont des interventions qui sauvent directement des vies”, a relevé le praticien, en plaidant pour un accompagnement de l’État qu’il juge essentiel pour rendre cette innovation de pointe le plus accessible possible.
L’ambition poursuivie est de faire du Sénégal un pôle régional de référence pour la stimulation cardiaque de nouvelle génération, en poursuivant la formation des spécialistes africains et en développant l’accès à ces technologies innovantes dans la sous-région.
NSS/BK
