SENEGAL-ECONOMIE
Dakar, 6 août (APS) – Les revenus générés par le secteur extractif sénégalais au premier semestre 2025 s’élèvent à 303,02 milliards de francs CFA, dont 293,24 milliards affectés au budget de l’État, indique un rapport du Comité national de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE).
Les paiements déclarés au titre du premier semestre 2025 enregistrent une hausse dans les deux secteurs extractifs (mines et hydrocarbures), par rapport au premier semestre 2024, selon le même document.
Le président du Comité national ITIE du Sénégal, Thialy Faye, remettra ce rapport au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, ce vendredi.
Le secteur minier demeure le principal contributeur aux recettes extractives, avec des paiements passant de 187,35 milliards à 224,45 milliards entre le premier semestre de 2024 et celui de 2025, soit une augmentation de 19,8 %.
Le secteur des hydrocarbures enregistre la plus forte croissance, ses paiements ayant augmenté de 45,79 milliards à 75,95 milliards, soit une hausse de 65,9 %.
Cette évolution traduit à la fois la progression des recettes fiscales traditionnelles et l’apparition de nouvelles sources de revenus, notamment dans le secteur pétrolier et gazier, avec l’entrée en production de nouveaux projets, observe l’ITIE.
La hausse des paiements du secteur minier est principalement due à l’augmentation des taxes d’abattage, qui représentent à elles seules la plus importante contribution à la croissance des recettes entre les deux périodes.
Cette évolution découle aussi d’une hausse significative des redevances minières, des dividendes versés à l’État, des retenues à la source sur salaires, de l’impôt sur le revenu des valeurs mobilières et de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA).
Dans l’ensemble, ces évolutions traduisent une amélioration des niveaux de production, des résultats financiers des sociétés minières et, par conséquent, des recettes fiscales et parafiscales générées par le secteur.
La forte progression des paiements du secteur des hydrocarbures (+65,9 %) s’explique essentiellement par l’apparition de revenus issus de la commercialisation de la part de production revenant à l’État, avec une hausse de 37,50 milliards par rapport au premier semestre 2024.
Cette augmentation reflète la montée en puissance des nouveaux projets pétroliers et gaziers et le début des recettes liées à la production commerciale.
La croissance est également soutenue par l’augmentation des taxes d’abattage, de l’impôt sur les sociétés, de la TVA précomptée et des amendes et pénalités douanières.
La hausse de ces taxes, impôts et amendes témoigne d’un accroissement global de l’activité économique et des obligations fiscales des entreprises du secteur extractif, selon le rapport de l’ITIE.
Il signale que 96,77 % des revenus générés par le secteur extractif au premier semestre de 2025 ont été affectés au budget de l’État.
Le restant des revenus est réparti entre le compte d’exploitation de PETROSEN (Société nationale des pétroles du Sénégal), les fonds propres des organismes collecteurs, les fonds revenant à l’UEMOA et à la CEDEAO, les revenus reversés au Conseil sénégalais des chargeurs (COSEC) et les dépenses sociales et environnementales.
La répartition des revenus du secteur extractif reste globalement stable entre le premier semestre 2024 et le premier semestre 2025, avec une forte concentration au profit du budget de l’État, qui absorbe l’essentiel des recettes, plus de 95 % dans les deux semestres.
Au premier semestre de 2025, on observe toutefois une baisse des montants globaux sur l’ensemble des catégories par rapport à 2024.
Les paiements sociaux et environnementaux, ainsi que les revenus reversés à l’UEMOA, à la CEDEAO et au COSEC ont baissé, tandis que les fonds propres des organismes collecteurs sont restés stables.
En guise de rappel, les recettes du secteur extractif sénégalais pour toute l’année 2024 s’élevaient à 455,99 milliards, contre 380 milliards en 2023, selon l’ITIE.
ESF/MTN
