SENEGAL-AGRICULTURE-COMMERCE
Dakar, 25 sept (APS) – Les ministères de l’Industrie et du Commerce et de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage se disent engagés dans une démarche de coordination visant à mieux anticiper les difficultés liées aux différentes chaînes de valeur, notamment en matière de production, de commercialisation, de transformation, de financement et de stockage.
Cette démarche s’inscrit dans le cadre du “changement de méthode” prôné par les autorités et doit permettre aux deux départements de ”converger davantage dans la mise en œuvre des politiques publiques”, ont indiqué les deux ministres, vendredi à Dakar.
“Chaque année, nous avons les mêmes problèmes de production insuffisante, les mêmes problèmes de commercialisation, les mêmes problèmes d’industrialisation”, a relevé Serigne Guèye Diop, ministre de l’Industrie et du Commerce, estimant que ces difficultés sont notamment liées à “une gouvernance publique insuffisamment coordonnée”.
Il a annoncé la mise en place d’un comité interministériel permanent, dirigé par les deux secrétaires généraux des ministères, chargé de veiller au suivi des conclusions et recommandations issues des travaux sur les chaînes de valeur.
“Changer de méthode, c’est parler d’une seule voix parce que nous sommes les deux responsables de la chaîne de valeur”, a-t-il déclaré, estimant que les ministères doivent travailler ensemble sur les différentes étapes allant de la production à la commercialisation.
M. Diop a par ailleurs évoqué les questions de production, de stockage, de commercialisation et de financement, rappelant les difficultés rencontrées lors de la précédente campagne agricole.
Le ministre de l’Industrie et du Commerce a également insisté sur la nécessité de renforcer les capacités de stockage, notamment frigorifique, afin de réduire les pertes de productions.

Pour sa part, Cheikh Oumar Ba, ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, a insisté sur la nécessité d’une plus grande concertation entre les départements ministériels.
“Dans le cadre de la mise en œuvre des politiques publiques, nous nous sommes aperçus qu’il y a une nécessité d’une plus grande concertation”, a-t-il déclaré.
Selon lui, cette démarche s’inscrit dans la volonté de “renforcer les synergies entre les différents ministères et relève de la solidarité gouvernementale”.
”Cela nous permet d’anticiper et de trouver des solutions justement par rapport à ce que nous devons faire”, a-t-il indiqué.
La rencontre doit, selon lui, déboucher sur une feuille de route définissant les mécanismes de coordination entre les deux ministères, assortie d’indicateurs de suivi et d’évaluation.
“Il ne s’agit pas seulement d’augmenter la production ou la productivité. Il s’agit aussi, une fois qu’on a augmenté les productions, que les populations finales puissent disposer des ressources, des revenus qui leur permettent d’améliorer leurs conditions de vie”, a-t-il expliqué.
Cheikh Oumar Ba a estimé que cette approche doit contribuer à améliorer les revenus des producteurs, les conditions de vie des populations et à atteindre l’objectif de souveraineté alimentaire.
“On ne peut pas atteindre la souveraineté alimentaire si, quand on finit de produire, on perd par exemple une bonne partie de notre production ou bien on n’a pas les moyens de stocker ou bien on n’arrive pas à commercialiser”, a-t-il ajouté.
A titre d’exemple, le ministre a souligné que les récoltes perdues s’élevaient en moyenne à 5,6 milliards de francs CFA par an seulement dans le département de Podor.
Cette première rencontre doit être suivie d’autres concertations élargies aux opérateurs, producteurs et productrices afin d’approfondir les questions liées aux différentes chaînes de valeur.
TAB/MTN
