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Dakar, 29 mai (APS) – L’officier militaire sénégalais à la retraite Antoine Wardini préconise la mise en œuvre de réformes devant déboucher sur la rationalisation des moyens financiers affectés aux missions onusiennes de maintien de la paix et plus grande implication des acteurs locaux des zones de déploiement.
“Il est possible de revoir l’emploi des forces et l’utilisation des moyens pour rationaliser” les ressources mobilisées, qui peuvent être mises à la disposition “des populations qui en ont besoin. Je pense que ce serait mieux”, a-t-il dit lors d’un entretien accordé à l’APS, dans le cadre de la célébration, vendredi 29 mai, de la Journée internationale des Casques bleus.
Le colonel Antoine Wardini, ancien responsable de la Direction de l’information et des relations publiques des armées (DIRPA), est d’avis que les Nations unies injectent beaucoup de ressources financières dans ses opérations de maintien de la paix.
“Je m’étais rendu compte, lorsque j’ai participé à la Mission des Nations unies en République démocratique du Congo (MONUC), que beaucoup trop de moyens avait été déployés pour régler une affaire qui ne finit pas”, a-t-il avancé.
“Si on donnait ces moyens-là aux forces africaines pour régler les problèmes africains sur le territoire africain […] je pense que les choses marcheraient mieux. A un certain moment, vous avez l’impression que d’autres composantes de la mission ne voulaient pas qu’elle s’arrête”, a relevé le colonel Wardini.
Il juge d’ailleurs anormal le fait que des missions de maintien de la paix soient toujours présentes au Congo pour tenter de résoudre un conflit datant de plusieurs années.
L’ancien chef du Service civique national du Sénégal appelle ainsi à un changement d’approche dans la manière de résoudre les conflits, préconisant par exemple une plus grande implication des acteurs locaux.
“Je ne connais pas les procédures des Nations unies qui ont leur propre agenda, leur propre façon de faire, et ils apportent leur aide à beaucoup de pays, mais des réformes s’imposent notamment dans l’exécution des mandats onusiens”, a-t-il souligné.
Le colonel Wardidni considère que des réformes doivent être envisagées pour faire en sorte que les mandats des missions onusiennes ne soient plus limités aux opérations de maintien de la paix dans les pays en difficultés.
Il suggère que des résolutions soient votées aux Nations unies “pour permettre aux contingents [des Casques bleus] d’engager le combat. Beaucoup de pays contributeurs de troupes ne veulent pas que leurs soldats engagent des combats”, a-t-il dit constater.
“Certains pays fournisseurs de troupes refusent d’envoyer leurs éléments pour un mandat qui autorise les Casques bleus à faire usage de la force si cela est nécessaire”, a insisté l’ancien commandant de la zone militaire numéro 1 du Sénégal.
A l’en croire, le recours au chapitre 7 de la Charte des Nations unies, qui autorise le recours à des actions coercitives en cas de menace contre la paix, constitue l’une des faiblesses de la mission des Casques bleus sur le terrain.
“Cela fait que les Casques bleus sont impuissants lorsque surviennent certains tueries et massacres sur les théâtres d’opération”, a-t-il regretté, en évoquant l’exemple du génocide des Tutsi au Rwanda en 1994.
AUT : FD/AKS/BK


