Les organisations patronales africaines et françaises plaident pour un partenariat d’affaires fondé sur ‘’le co-investissement’’
Les organisations patronales africaines et françaises plaident pour un partenariat d’affaires fondé sur ‘’le co-investissement’’

AFRIQUE-FRANCE-ECONOMIE

De l’envoyé spécial de l’APS : Ousmane Ibrahima Dia

Nairobi, 11 mai (APS) – Les organisations patronales africaines et françaises ont réaffirmé, lundi, à Nairobi, leur conviction commune que le partenariat d’affaires et la coopération économique entre la France et les pays du continent africain doivent entrer dans une nouvelle phase, fondée sur ‘’le co-investissement, l’impact sur la création d’emplois durables, le renforcement des compétences et le soutien à l’essor de filières locales de production et la transformation industrielle’’.

Ces organisations patronales, sous la houlette de Baidy Agne, président – Business Africa, Ahmed Cissé, président -Alliance des patronats francophones, Carole Kariuku, CEO – KEPSA, Philippe Labonne Président – Comité Afrique MEDEF International, se sont réunies dans la capitale kenyane à l’occasion du Sommet Afrique–France 2026 intitulé ‘’Africa-Foward : partenariats entre l’Afrique et la France pour l’innovation et la croissance”.

Les organisations patronales africaines et françaises plaident pour un partenariat d’affaires fondé sur ‘’le co-investissement’’

Dans une déclaration commune dont l’APS a eu connaissance, elles disent réaffirmer leur conviction que le partenariat d’affaires et la coopération économique entre la France et les pays du continent africain doivent entrer dans une nouvelle phase, fondée sur le co-investissement, l’impact sur la création d’emplois durables et le renforcement des compétences, le soutien à l’essor de filières locales de production et la transformation industrielle’’.

Elles signalent que ‘’dans un environnement international en profonde recomposition, marqué par des tensions géopolitiques, des enjeux de souveraineté économique et de défense nationale sans précédent, ainsi que par l’accélération des transitions énergétique et numérique, l’Afrique et la France ont la responsabilité commune de bâtir un partenariat clair dans ses priorités, ambitieux dans ses objectifs et résolument orienté vers l’action’’.

Pour ces organisations, ‘’ce partenariat doit par ailleurs contribuer à générer plus de croissance économique et de progrès social, mais aussi à répondre aux aspirations des jeunesses africaines et françaises dynamiques en quête d’opportunités, d’emplois qualifiés et d’entrepreneuriat’’.

‘’Ce partenariat, que nous voulons plus dynamique et durable, doit franchir une nouvelle étape et se structurer autour d’un principe simple, mais exigeant : construire ensemble les chaînes de valeur, les capacités industrielles et les compétences de demain’’, ont-elle plaidé.

Ces organisations disent porter ‘’une ambition claire’’. Il s’agit de ‘’faire de l’investissement et du co-investissement productif le moteur du partenariat, construire des chaînes de valeur industrielles plus intégrées, plus résilientes, plus compétitives et ancrées localement ; mettre en place les conditions permettant de capter le dividende démographique : promouvoir la création d’emplois productifs, le développement des compétences professionnelles, et de l’entreprenariat’’.

Elles invitent également à ‘’adopter une vision prospective de croissance économique plus vigoureuse, mieux partagée et orientée vers des résultats concrets’’.

Elles ont également invité ‘’les hautes autorités africaines et françaises à s’engager aux côtés de leurs secteurs privés dans une nouvelle étape structurante’’.

Il s’agit de ‘’faire de l’investissement et du co-investissement productif la priorité absolue’’ par la création d’un des fonds franco-africains par pays et par filière stratégique, la généralisation des financements mixtes (blended finance) à grande échelle, l’orientation des financements vers les maillons critiques de souveraineté, la promotion d’une logique de “mieux-disant” économique et social à offre financière comparable.

 A cela, s’ajoute la création d’un environnement des affaires propice, stable et prévisible, un portage politique cohérent et orienté vers les résultats, l’instauration d’une culture du résultat et de l’évaluation, la structuration d’un récit positif et économique du partenariat, une coordination des actions à l’échelle européenne, la refondation de l’architecture d’expertise économique et sectorielle

Concernant le contenu local et la formation professionnelle, les organisations appellent à investir dans les compétences et la valeur ajoutée nationale

‘’La transformation du partenariat repose sur la mise à niveau et le développement des compétences professionnelles et l’augmentation des capacités productives industrielles, le développement de pôles de compétitivité et le niveau d’intégration des filières’’, soutiennent-elles.

Elles proposent l’intégration des organisations patronales dans le dispositif institutionnel de gouvernance du contenu local, le développement de partenariats entre entreprises, centres de formation professionnelle et établissements supérieurs d’enseignement ; la création de hubs ”Compétences professionnelles, Emploi, Entrepreneuriat, Innovation” dans les organisations patronales, la multiplication des accords entre organisations patronales, entreprises et universités, en France et en Afrique, pour faciliter le recrutement et la mobilité des talents africains.

Il est aussi question de la création de campus sectoriels franco-africains, notamment dans les métiers de l’énergie, du numérique, de l’agro-industrie et des infrastructures et d’un soutien accru à l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes, via des dispositifs d’accompagnement ciblés.

Les organisations patronales appellent les Chefs d’État et de gouvernement à ‘’faire du partenariat d’affaires Afrique–France une priorité stratégique, fondée sur l’investissement productif, la transformation industrielle et la création d’emplois durables’’. Elles martèlent que dans un monde marqué par des recompositions profondes et une concurrence accrue, les pays africains et la France ont l’opportunité de construire ensemble un modèle économique ambitieux fondé sur une vision prospective partagée, basée sur la réciprocité, la confiance et la création de valeur locale’’.

Les organisations patronales françaises et africaines estiment que ‘’les secteurs privés africain et français entendent jouer pleinement leur rôle pour l’atteinte des objectifs fixés, en s’engageant pleinement pour accroitre les flux d’investissements privés, renforcer la compétitivité des entreprises, développer les chaines de valeurs industrielles, contribuer à l’essor et à la résilience des économies nationales au regard des transitions économiques et sociales, accélérer la croissance économique et créer plus d’emplois durables’’.

Elles n’ont pas manqué de signaler que les actions qui seront menées ‘’devront s’inscrire en complémentarité de la feuille de route issue de la déclaration de Luanda, présentée lors du Sommet Union Européenne – Union africaine en novembre 2024 par Business Europe et Business Africa’’. Elles appellent à la mise en place d’un comité de suivi franco-africain composé des forces vives privées et publiques pour mettre en œuvre cette feuille de route, dès la clôture du Sommet Africa Forward 2026.

 OID/AKS/HB/ADL/FKS