SENEGAL-AFRIQUE-SANTE
Dakar, 27 août (APS) – Les ministres africains de la Santé ont adopté, jeudi, à Addis-Abeba, un cadre décennal destiné à préserver les acquis de la lutte contre la poliomyélite et à intégrer progressivement les capacités développées dans ce domaine aux systèmes de santé nationaux, a-t-on appris de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Dans un communiqué public, l’OMS informe que le “Cadre pour la transition et la pérennisation de la lutte contre la poliomyélite dans la Région africaine de l’OMS (2026-2035)” a été adopté lors de la 76e session de son Comité régional pour l’Afrique, qui se tient du 25 au 28 août en Ethiopie.
Selon la même source, ce nouveau dispositif vise notamment à maintenir une surveillance de haute qualité, préserver les capacités des laboratoires et de réponse aux urgences, renforcer la vaccination de routine, mobiliser des financements nationaux durables et améliorer la gouvernance et la redevabilité.
Cette volonté s’explique, entre autres, par le fait qu’en 2020, “la Région africaine de l’OMS avait été certifiée exempte de poliovirus sauvage autochtone”, mais “reste toutefois confrontée à des flambées de poliovirus variants circulants ainsi qu’à des urgences sanitaires de plus en plus complexes”.
“Plus de 180 cas ont déjà été signalés cette année dans la Région africaine, principalement dans le bassin du lac Tchad et dans la Corne de l’Afrique, deux zones considérées comme des foyers de transmission particulièrement préoccupants”, lis-t-on dans le communiqué de l’OMS.
Pour les autorités sanitaires et les partenaires de l’éradication, “l’enjeu consiste désormais à éviter que la diminution progressive des financements consacrés spécifiquement à la poliomyélite n’entraîne une perte des capacités construites au cours de plusieurs décennies”.
Le cadre prévoit ainsi que les compétences, les laboratoires, les systèmes de surveillance, les ressources humaines, les mécanismes d’intervention d’urgence et les réseaux communautaires développés dans le cadre de l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite (IMEP) continuent de bénéficier aux autres programmes de santé.
L’OMS rappelle que des capacités ont déjà été mobilisées dans la réponse à plusieurs crises sanitaires, notamment Ebola, la maladie à virus Marburg, mpox, le choléra et la fièvre jaune. Elles contribuent également au renforcement de la vaccination de routine, des réseaux de laboratoires et des dispositifs de préparation et de riposte aux urgences.
Les Etats membres se sont engagés, pour leur part, à élaborer ou renforcer leurs plans nationaux de transition, à intégrer les fonctions essentielles de la lutte contre la poliomyélite dans les programmes de santé et à mobiliser des ressources nationales pérennes.
L’OMS prévoit, quant à elle, de poursuivre son appui technique, de faciliter le partage d’expériences entre les pays et de rendre compte, chaque année, de l’état de mise en œuvre du cadre régional.
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