SENEGAL-AFRIQUE-ECONOMIE
Dakar, 27 avr (APS) – Le doyen de la Faculté des Sciences économiques et de gestion (FASEG) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), Chérif Sidy Kane, a invité, lundi, les jeunes chercheurs en économie à se méfier de “l’utilisation excessive” de techniques quantitatives dans cette discipline qui selon lui n’est pas seulement empirique.
“Je voudrais dire à nos jeunes chercheurs de faire très attention à l’utilisation excessive de techniques quantitatives car l’économie n’est pas seulement une discipline empirique”, a lancé le professeur titulaire, agrégé en sciences économiques.
Il s’exprimait à l’occasion d’une séance de présentation du Prix Abdoulaye Fadiga pour la promotion de la recherche économique, lancé en mars 2008, en hommage premier gouverneur africain (1975-1988) de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest, à Abdoulaye Fadiga.
Selon Chérif Sidy Kane, la théorie économique permet d’identifier des mécanismes profonds mais pas nécessairement évidents à première vue. “Il est alors possible de mobiliser des données pour quantifier les différents effets attendus et éventuellement trouver des résultats inattendus qui continueront à amender ou repenser le cadre de l’analyse financière”, a-t-il expliqué.
L’universitaire sénégalais a fait observer que l’économie n’est pas qu’empirique en dépit de l’importance des données dans cette discipline.
M. Kane note que l’articulation de la théorie et de l’analyse des données “permet d’enrichir le débat politique sans orientation partisane a priori et vise à guider les décisions économiques”.
“La recherche analyse des phénomènes de production, de consommation et des chances de comprendre des comportements humains face à la rareté”, a soutenu Chérif Sidy Kane.
Il a relevé que la recherche en économie moderne se caractérise par “une forte spécialisation et approche de plus en plus empiriques utilisant des outils statistiques avancés pour valider les modèles de théorique”.
Le professeur Kane s’est félicité de l’institution du Prix Abdoulaye Fadiga pour la promotion de la recherche économique, estimant qu’il constitue “un signal fort” que les autorités monétaires lancent à l’endroit des jeunes chercheurs des pays de l’UEMOA, l’Union économique et monétaire ouest africaine.
Ce prix vise à promouvoir et à renforcer la recherche économique dans les Etats membres de l’UEMOA et à favoriser l’émergence de travaux de recherche qualitative sur la formulation et la mise en œuvre des politiques économiques, a noté le directeur de la recherche et des partenariats à la BCEAO, Sékou Camara.
Selon ce fonctionnaire de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest le Prix Abdoulaye Fadiga pour la recherche économique représente “un cadre d’émulation” pour les chercheurs.
Doté d’une prime de 10 millions de FCFA destiné au lauréat et d’un prix d’encouragement de 5 millions de FCFA, il est ouvert à tous les chercheurs en sciences économiques ressortissants des 8 pays membres de l’UEMOA. Il s’agit du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée-Bissau, du Mali, du Niger, du Sénégal et du Togo.
Les candidats doivent être âgés de quarante-cinq (45) ans au plus au 31 décembre 2026 et être titulaires d’au moins un Bac+5 en sciences économiques ou dans des disciplines connexes, telles que la statistique appliquée à l’économie, l’économétrie et la finance, au cours de l’année d’édition du Prix.
Le représentant du recteur de l’UCAD, Yankhoba Seydi, a déclaré qu’un prix pour la promotion de la recherche économique “cadre parfaitement avec la même politique de recherche en gestation qui cherche à positionner ou à repositionner la recherche [comme] un levier pour le développement”.
CS/BK

