Les dirigeants de six fédérations syndicales ont discuté de diverses questions avec la CNES et le CNP (communiqué)
Les dirigeants de six fédérations syndicales ont discuté de diverses questions avec la CNES et le CNP (communiqué)

SENEGAL-TRAVAIL

Dakar, 9 sept (APS) – Les présidents du Conseil national du patronat du Sénégal (CNP) et de la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (CNES), Baïdy Agne et Abdel Kader Ndiaye, ont discuté de diverses questions du travail avec les secrétaires généraux de plusieurs fédérations de syndicats de travailleurs, a appris l’APS de ces deux organisations patronales.

Les dirigeants de la CNES et du CNP se sont entretenus avec Mody Guiro, Yvette Keïta, Cheikh Diop, Elimane Diouf, Ndèye Bakhaw Diongue et Mariama Diallo, les secrétaires généraux respectifs de la CNTS, de l’UNSAS, de la CNTS/FC, de la CSA, de la CNTS/FC-A et de l’UDTS.

Selon un communiqué de la CNES et du CNP, les échanges de Baïdy Agne et d’Abdel Kader Ndiaye avec ces leaders de fédérations syndicales ont eu lieu lundi 7 septembre, au siège du Conseil national du patronat, à Dakar.

Le Front syndical pour la défense du travail, qui réunit les six fédérations de syndicats, a fait part aux leaders des deux organisations patronales d’‘’un préavis de grève générale de soixante-douze heures’’ et d’‘’une campagne de mobilisation des travailleurs en cours sur [le] territoire national’’.

Mody Guiro et les autres syndicalistes ont dénoncé ‘’l’adoption par l’Assemblée nationale du Code du travail et du Code de la sécurité sociale’’. Ils font valoir qu’une ‘’directive présidentielle’’ du 1er mai 2026 prévoyait de ‘’finaliser préalablement les concertations nécessaires avec les partenaires sociaux’’.

Selon le communiqué, le Front syndical pour la défense du travail a évoqué, avec Baïdy Agne et Abdel Kader Ndiaye, ‘’la nécessité de préserver la liberté syndicale, les droits fondamentaux du travail et les acquis en matière de concertations sociales tripartites’’.

Il a dénoncé ‘’la violation de la convention 144 de l’OIT portant sur les consultations sociales tripartites relatives aux normes internationales du travail’’.

Les six leaders syndicaux ont fustigé ‘’la précarité des travailleurs introduite dans le nouveau contrat à durée déterminée’’, le CDD.

Ils ont décrié ‘’la remise en cause de l’autonomie de gestion et de la gouvernance des institutions sociales’’.

‘’Concernant le préavis de grève générale de soixante-douze heures, le patronat a souligné la nécessité de préserver la stabilité et la paix sociales en milieu professionnel, dans ce contexte socioéconomique particulièrement difficile pour les entreprises, les travailleurs, le gouvernement et la société civile’’, notent la CNES et le CNP.

Ils estiment qu’‘’une grève générale n’est pas souhaitable au regard des impacts négatifs substantiels sur l’économie nationale et l’image du Sénégal’’.

Les dirigeants des deux organisations patronales ont décidé de ‘’poursuivre les actions nécessaires à la reprise des concertations tripartites’’.

‘’Concernant les procédures d’adoption du Code du travail et du Code de la sécurité sociale, le patronat partage le point de vue et les préoccupations des centrales syndicales des travailleurs’’, ajoute la même source.

D’après elle, le patronat rappelle, concernant ‘’la violation de la convention 144 de l’OIT’’, que ‘’le Sénégal a toujours été cité en exemple au Bureau international du travail et fortement apprécié pour la qualité de sa démocratie sociale, de son dialogue social et de sa justice sociale’’.

Pour cette raison, ‘’il n’est pas souhaitable qu’une plainte soit déposée’’, arguent la CNES et le CNP.

‘’Concernant le contrat à durée déterminée, le patronat note que la rédaction de l’article portant sur la durée de quatre ans peut faire l’objet d’interprétations différentes et de contentieux sociaux. Ainsi, à défaut d’une disposition réglementaire interprétative, le patronat marque son accord pour le maintien des dispositions antérieures, à savoir un CDD d’une durée de deux ans renouvelable une fois’’, ajoute les organisations patronales.

Elles estiment, concernant l’autonomie de gestion et la gouvernance des institutions sociales, qu’‘’il est regrettable que le consensus tripartite autour d’innovations majeures lors du conseil consultatif national du travail n’ait pas été pris en compte’’.

‘’Le patronat partage les préoccupations des centrales syndicales des travailleurs en rappelant que l’État a toujours eu les pouvoirs d’approbation, d’opposition et de substitution, avec une présence très significative dans les organes délibérants’’, affirme le communiqué.

La CNES et le CNP disent se réjouir de la ‘’directive présidentielle’’ annoncée à la suite du Conseil des ministres du 2 septembre 2026 en vue de ‘’la revalorisation des pensions de retraite et [de] la préservation des acquis liés à la gouvernance des institutions de protection sociale’’.

‘’Le patronat rappelle qu’il a été toujours soucieux de la paix et de la stabilité sociales dans notre pays, ainsi que de la productivité du travail et de la croissance économique inclusive’’, écrivent les leaders de la CNES et du CNP.

Ils recommandent à l’État et aux centrales syndicales des travailleurs de tenir ‘’des concertations sociales tripartites constructives’’.

ESF/MTN