SENEGAL-RELIGION-MAOULOUD
Dakar, 1er sept (APS) – Les religieux sénégalais, de par leur statut de guide et à travers leurs messages, ont toujours contribué à la promotion et à la préservation de la cohésion nationale, thème de l’édition 2025 de Gamou de Tivaouane.
La cohésion sociale ou nationale revient souvent dans les messages des khalifes généraux à l’occasion d’événements religieux comme le Maouloud, ou dans les sermons des imams ou des hommes d’Eglise.
Pour l’édition 2025 du Gamou célébrant l’anniversaire de la naissance du prophète Mohamed (PSL), prévue le jeudi 4 septembre prochain, le khalife général des Tidianes, Serigne Babacar Sy Mansour, a choisi le thème ”Célébrer le Mawlid pour une société cohésive”.
Lors du Grand Magal de Touba du 13 août dernier, le khalife général des mourides aussi était allé dans le même sens, en appelant, par exemple, à la ”poursuite du dialogue” entre les leaders politiques, faisant allusion aux dernières concertations nationales sur le système politique.
Selon Cheikh Guèye, Facilitateur général de ce Dialogue national, ”l’histoire du Sénégal est ponctuée d’actes marquants de promotion de la cohésion par les religieux”.
M. Cheikh Guèye, par ailleurs secrétaire général du Cadre unitaire de l’islam (CUDIS) et auteur de ”Touba, la capitale des mourides” (2003), évoque à ce sujet quelques exemples.
”Les khalifes de la Mouridiyya, de Serigne Mouhamadou Moustapha Mbacké à Serigne Saliou Mbacké (5ème Khalife), ont chacun, dans son époque, encouragé le développement agricole autonome et la promotion de l’éducation coranique et moderne. Serigne Sidi Makhtar a, par exemple, contribué, par son appel à Tivaouane pour l’unification du calendrier des fêtes musulmanes, à favoriser l’unité nationale et l’entente de la majorité des musulmans”, a-t-il témoigné dans un entretien avec l’APS.
Selon lui, la cohésion sociale, c’est aussi participer au maintien des équilibres et assister les citoyens et disciples en situation difficile.
A ce titre, ajoute Cheikh Guèye, ”Cheikh Mouhamadoul Mountakha Mbacké [l’actuel khalife des mourides] incarne aujourd’hui, de manière exemplaire, le sage de la nation à travers une empathie et une générosité qui touchent toutes les couches de notre société et à chaque circonstance (Covid 19, inondations, accidents, etc.)”.
Sa médiation publique a contribué très largement à dénouer la crise politique entre 2021 et 2024 et évité que le Sénégal bascule vers la déstabilisation, a-t-il rappelé.
Cette médiation des religieux avait par exemple fait baisser la tension ambiante la veille de l’audition du leader de PASTEF par le doyen des juges dans le dossier Sweet Beauté, le 3 mars 2023.
Cheikh Guèye a également souligné le rôle de médiateur social qu’incarnaient les khalifes des tidianes à travers les époques.
”Mame Abdoul Aziz Sy Dabakh et El Hadji Abdoul Aziz Sy Al Amine furent des figures intellectuelles et médiatrices de premier plan, connues pour leurs prêches appelant à l’unité nationale et au dialogue inter-confrérique”, a rappelé le chercheur et géographe.
Parmi d’autres médiations de religieux pour éteindre ou prévenir des conflits politiques ou sociaux, on peut citer dernièrement celle du khalife de la Faydatou Tidjania, Cheikh Mouhamadoul Mahi Ibrahima Niass, qui a arrondi les angles entre le préfet et le maire de Kaolack, Serigne Mboup, quelques heures seulement après une altercation entre les deux hommes, début août dernier, à l’occasion de la Journée nationale de l’arbre.
Sur un plan général, les médiations de Cheikh Mouhamadoul Mahi Ibrahima Niass ont porté des fruits au-delà même du Sénégal, notamment au Soudan, où un accord de paix a été signé au Darfour en mai 2022 entre une cinquantaine de tribus après une guerre civile de plusieurs années.
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