SENEGAL-SANTE-RECHERCHE
Dakar, 15 avr (APS) – Le directeur des Laboratoires au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique a rappelé, mercredi, l’importance de la recherche scientifique dans la mise en place d’un système de santé performant.
”Il ne peut y avoir de système de santé performant sans un système scientifique solide. Nous devons renforcer notre capacité à produire et à utiliser des données probantes de qualité au service de nos décisions publiques”, a notamment déclaré le professeur de Médecine, colonel Bécaye Fall.
Il prenait part à la table ronde sur le thème ‘’Investir collectivement dans l’innovation et les politiques fondées sur les preuves pour accélérer la Couverture sanitaire universelle au Sénégal’’, une activité organisée par l’Institut Pasteur de Dakar, dans le sillage de la journée mondiale de la Santé, célébrée le 7 avril dernier.
En abordant la thématique, le médecin biologiste et officier supérieur en santé a souligné la nécessité d’accélérer la traduction de la recherche en politique concrète et en interventions à fort impact.
”Nous devons relever un défi majeur, celui de la souveraineté scientifique et financière dans un contexte où près de 85% des financements de la recherche restent encore d’origine extérieure”, a souligné l’expert en sciences biomédicales et en gestion de plateformes de laboratoire.
Selon Bécaye Fall, ”investir dans la science aujourd’hui, c’est investir dans nos capacités à décider par nous-mêmes, anticiper les crises et répondre efficacement aux besoins de nos populations”. Cela implique, selon lui, ”une action collective”.
Il estime que l’État, les institutions de recherche, les universités, les partenaires techniques et financiers, le secteur privé et la société civile doivent converger vers un objectif commun : ”bâtir un écosystème national de recherche et d’innovation fort, coordonné et orienté vers l’impact”.
”Nous devons également renforcer la confiance dans la science en rapprochant davantage les chercheurs, les décideurs et les citoyens”, a suggéré le directeur des Laboratoires au ministère de la Santé.
Le colonel Bécaye Fall a également souligné que la science n’est donc pas un luxe, mais plutôt un levier stratégique de souveraineté sanitaire.
Cette vision est pleinement intégrée dans les orientations nationales, notamment à travers la Stratégie nationale de transformation du système de santé 2025-2034 et le Plan national de couverture sanitaire universelle.

”Nous sommes convaincus qu’investir dans la recherche, la préparation et la prévention des résultats est beaucoup plus simple que de vouloir répondre tout le temps, jouer les sapeurs-pompiers et courir derrière le virus”, a pour sa part relevé l’administrateur général de l’Institut Pasteur de Dakar, Ibrahima Socé Fall.
”Aujourd’hui, nous sommes à un stade où l’Afrique ne peut pas juste être consommatrice des solutions qui se développent au niveau mondial”, a-t-il déclaré, soulignant que ”moins de 4% des essais cliniques qui se passent en Afrique peuvent ne pas être adaptées aux réalités africaines”.
Face à ce constat, il a exprimé ses encouragements aux équipes de l’Institut Pasteur de Dakar pour le le travail effectué sur les aspects génétiques et génomiques humains devant permettre d’avoir une médecine personnalisée et qui réponde réellement aux spécificités du continent.

NSS/OID/ABB

