SENEGAL-CENTENAIRE-TEMOIGNAGE
Dakar, 31 mai (APS) – A près de 80 ans, Meissa Sall, ancien chef de protocole d’Abdoulaye Wade, se remémore les localités emblématiques et les étapes décisives qui ont marqué l’évolution du Parti démocratique sénégalais (PDS), fondé par l’illustre opposant sénégalais au milieu des années 1970.
L’ancien chef de protocole d’Abdoulaye Wade a notamment cité Makacoulibantang (Tambacounda, est), Loro (Kébémer, nord) et Joal (Mbour, ouest), ”les étapes les plus marquantes” pour avoir été le théâtre de rudes batailles pour le PDS.
”Si je prends la bataille de Joal, nous étions obligés de mettre [Abdoulaye] Wade dans une R4 blanche. Et on lui a mis une cagoule pour qu’il ne puisse pas être reconnu, parce que les Tontons Macoutes qui étaient sur le rond-point pouvaient l’assassiner”, a confié M. Sall, ancien député libéral dans un entretien avec l’APS, à l’occasion de la célébration du centenaire de Abdoulaye Wade dont les festivités sont prévues les 4 et 5 juin au Grand théâtre, à Dakar.
”J’ai toujours dirigé toutes les campagnes électorales de (Abdoulaye) Wade jusqu’en 2000. Je vous assure que c’étaient des moments durs, très durs”, se rappelle-t-il, soulignant que des ”milices étaient prêtes à saboter les convois et caravanes”.

Si le PDS, qui s’est forgé dans le feu et le sang des luttes politiques, a su, pendant longtemps, bénéficier de la confiance de Makacoulibantang, c’est parce que cette localité de Tambacounda est l’un des symboles de sa résistance, a estimé l’ancien chef de protocole de Me Abdoulaye Wade.
”A Makacoulibantang, en pleine campagne électorale, des forces ennemies ont coupé des arbres pour ériger des barrières. Bloqué, Me Wade est aussitôt sorti de son véhicule, a ouvert la malle et a sorti son fusil de chasse. Il n’a pas tiré, mais un certain H.D, qui était de Ouakam, a tiré en l’air pour dissuader les adversaires”, rapporte M. Sall dans ses confidences à l’occasion de la célébration du centenaire de l’ancienne figure de proue de la vie politique nationale.
C’est ainsi que l’entrée à Makacoulibantang a été rendue possible. Depuis, ce gros village voue une immense considération à Abdoulaye Wade dont la formation politique sorte toujours victorieuse dans cette localité lors des différentes joutes électorales.
”Il n’y a qu’une seule femme qui a assisté à cette bataille-là, elle s’appelait Kouro Seck”, se souvient-il.
”Ma valise était toujours prête pour la prison”
Meissa Sall se garde de raconter les ”missions secrètes”, menées le plus souvent avec les calots bleus, cette milice redoutable et redoutée qu’il dirigeait lui-même pour escorter Abdoulaye Wade.
”Je gérais aussi les calots bleus, avant Pape Samba Mboup. C’étaient des gosses extraordinaires, un vrai commando. C’est moi qui gérais les cortèges et les véhicules de Me Wade, les gardes du corps et les calots bleus. On accusait Wade d’être violent mais il se défendait”, fait-il savoir.
Il ajoute: ”A chaque mission, il y avait deux véhicules de type L200. Et à l’intérieur nous avions toujours de quoi nous défendre. A chaque fois qu’on nous arrête sur la route, l’on nous dit : +M. Sall, vous étiez armés+. +Je répondais : ‘’Oui, c’était pour nous défendre et non pour attaquer+”.
”J’avais toujours ma valise prête, mon épouse [qui était à ses côtés au moment de l’entretien] y mettait un savon, une serviette, une brosse à dents, un filet de bain”, explique Meissa Sall qui faisait preuve de prudence dans le choix des mots au cours de l’entretien avec l’APS.
”Je me garderais même de plonger dans ça, parce que, vous savez, Wade lui-même est un homme discret”, dit M. Sall, par ailleurs actuel secrétaire national, chargé des anciens du PDS et ancien sénateur.
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