Dakar, 22 fév (APS) – La livraison de jeudi de la presse quotidienne s’intéresse principalement à la “prise de parole” très attendue du président de la République, qui doit s’entretenir avec des médias nationaux, à 19 heures, dans un contexte politique caractérisé par un “flou” autour de la présidentielle dont la nouvelle date n’est pas encore connue.

“Une prise de parole qui intervient après [que le chef de l’Etat] a pris acte de la décision du Conseil constitutionnel annulant le report de l’élection présidentielle”, indique Le Soleil.

Le Conseil constitutionnel, dans une décision rendue publique le jeudi 15 février 2024, a annulé le décret par lequel le chef de l’Etat a renoncé à la convocation des électeurs pour l’élection présidentielle initialement prévue le 25 février.

La haute juridiction a, dans le même temps, jugé “contraire à la Constitution”, une loi récemment adoptée par l’Assemblée nationale portant sur le report au 15 décembre du scrutin du 25 février.

Bès Bi Le jour, revenant sur le face-face annoncé entre le président Sall et des médias nationaux, précise qu’il s’agira d’un entretien, “en direct, avec la RTS, iTv, Seneweb et Le Soleil”, et non d’une adresse à la nation “comme il l’avait fait le 3 février dernier”. “Pendant une heure, écrit ce quotidien, Macky Sall répondra aux questions des journalistes”.

“Va-t-il organiser l’élection avant le 2 avril, date de l’expiration de son mandat ? Va-t-il grignoter quelques semaines ? Va-t-il concéder aux dates du 3 mars ou 10 mars proposées par l’opposition et la société civile ? Va-t-il démissionner ? Dans quelques heures, l’on saura +les meilleurs délais+ pour le président de la République, comme l’y invite le Conseil constitutionnel”, ajoute le journal.

La date de la présidentielle fixée “très prochainement”

“Vers une reprise du processus électoral”, affiche à ce sujet Tribune, anticipant sur d’éventuelles annonces du président de la République. Vox Populi revient sur des “mesures” prises par le président Sall “avant sa prise de parole”, tout en soulignant que la sortie médiatique “cruciale du chef de l’Etat […] va déterminer le climat socio-politique”.

Selon le même journal, le chef de l’Etat a instruit le ministre de l’Intérieur, hier mercredi en Conseil des ministres, de “prendre toutes les dispositions pour une bonne organisation de l’élection à une date qui sera fixée très prochainement”.

Libération retient également ce point, quand Le Quotidien affiche : “Macky dans le brouillard”, “se donne le temps”, constate ce journal, avant d’ajouter : “Le chef de l’Etat tient à organiser d’abord un processus inclusif de dialogue et de concertation avant de déterminer une date pour la présidentielle”.

“Certains le critiquent, d’autres l’adulent. La constante est que tout le monde est à son écoute pour la tenue de l’élection présidentielle. Le président Macky Sall est au cœur du jeu et de la manœuvre politique”, commente L’Observateur.

“Macky Sall n’est pas dans l’urgence de la promulgation du décret convoquant le corps électoral, le président sortant semble vouloir s’entourer de toutes les garanties avant de jeter les dés pour sa succession”, analyse le quotidien Kritik’.

“Stratégie de terreur”

Sud Quotidien interroge à ce sujet le professeur Kader Boye, agrégé de droit et ancien recteur de l’université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar. La conviction de cet universitaire et observateur de la scène politique sénégalaise est que le Sénégal “risque de faire un saut vers l’inconnu si l’élection présidentielle n’est pas tenue avant l’expiration du mandat du président de la République, le 2 avril prochain”.

Pendant ce temps, Amadou Ba, candidat à la présidentielle pour le compte de la coalition de la majorité Benno Bokk Yaakaar “remobilise ses troupes”, selon le quotidien L’As. “Toutes les conditions sont réunies pour une campagne électorale victorieuse”, dit-il dans des propos relayés à sa Une par L’Info.

Walfquotidien, sur le même sujet, évoque la dispersion des caravanes des candidats de l’opposition à la présidentielle. “Stratégie de terreur”, soutient le journal, selon lequel l’Etat “souffle le chaud et le froid”.

Le même journal s’intéresse à “la guerre, longtemps larvée, mais désormais ouverte” entre deux tendances du mouvement national des femmes de l’Alliance pour la République (APR, le parti au pouvoir). “Vers une scission”, affiche à ce propos le quotidien L’Info.

BK/FKS

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