L’EMI doit être intégrée aux enseignements sans alourdir les programmes (experte)
L’EMI doit être intégrée aux enseignements sans alourdir les programmes (experte)

SENEGAL-MEDIAS-STRATEGIE

Dakar, 23 oct (APS) – L’éducation aux médias et à l’information (EMI) devrait être intégrée de manière transversale dans les curricula scolaires développée dans les espaces d’éducation populaire, afin de toucher un public plus large sans alourdir les programmes scolaires, a préconisé Yacine Diagne, enseignante-chercheuse au CESTI, le Centre d’études des sciences et techniques de l’information de l’Unversité Cheikh Anta Diop de Dakar.

“Compte tenu de la surcharge horaire, il vaut mieux éviter d’ajouter une discipline et intégrer l’EMI de façon transversale dans les enseignements existants”, a-t-elle recommandé dans un entretien avec l’APS, à l’occasion de la Semaine mondiale de l’éducation aux médias et à l’information (24-31 octobre).

L’édition 2026 de cette commémoration porte sur  le thème “Nous avons tous un rôle à jouer – L’éducation aux médias et à l’information pour tous.”

Selon cette spécialiste, l’éducation aux médias doit être progressive, pratique et adaptée aux usages réels des populations, de l’enfance à l’âge adulte.

À l’école, elle pourrait notamment prendre la forme d’analyses d’articles et de publicités en français, d’exercices d’examen des images et des sources en histoire-géographie ou de discussions sur les droits et les responsabilités en ligne, pour le compte du courd d’éducation civique.

Yacine Diagne suggère également de renforcer les clubs de presse, les radios scolaires et les ateliers de vérification, avec l’appui des médias, des associations et des universités.

Les enseignants constituent, selon elle, des acteurs essentiels de cette démarche, mais leur formation et la mise à disposition de ressources pédagogiques adaptées sont nécessaires pour éviter que l’EMI ne repose uniquement sur des initiatives individuelles.

L’université doit, pour sa part, contribuer à la formation des futurs enseignants, journalistes et communicants, tout en développant la recherche sur les usages locaux de l’information.

L’enseignante-chercheuse accorde également une place importante à l’éducation populaire, à travers les radios communautaires, les maisons de jeunes, les associations de quartier, les “daaras” et les espaces religieux.

“C’est souvent là que se joue l’essentiel au Sénégal, d’où l’importance de travailler en wolof et dans les autres langues nationales”, a-t-elle souligné.

Pour Yacine Diagne, les enfants et les adolescents doivent être ciblés en priorité, suivis des enseignants, des étudiants, des futurs journalistes et des publics que le système scolaire n’atteint pas ou peu.

BAB/BK