L’Église catholique “préoccupée” par les défis anthropologiques soulevés par l’intelligence artificielle
L’Église catholique “préoccupée” par les défis anthropologiques soulevés par l’intelligence artificielle

MONDE-SOCIETE-ENJEUX

Dakar, 5 mars (APS) – La Commission théologique internationale (CTI) vient de publier un document dans lequel l’Église catholique alerte sur les profondes questions anthropologiques soulevées par l’essor de l’intelligence artificielle et appelle à une réflexion éthique et historique pour préserver la dignité humaine face à ce tournant technologique.

Intitulé “Quo vadis, humanitas ?”, expression latine que l’on peut traduire par “Où vas-tu, humanité ?”, le document en question a été approuvé le 9 février par le pape Léon XIV, rapporte le site Vatican News.

Il souligne le “défi historique” que pose l’ère de l’intelligence artificielle à l’anthropologie chrétienne, en évoquant notamment les questions de transhumanisme et de post-humanisme, allusion à ces théories, à travers la science et la technologie, qui appellent à améliorer les conditions de vie des peuples en dépassant leurs limites physiques et biologiques.

Soulignant le pouvoir de l’intelligence artificielle dans un “monde hyperconnecté”, le texte lève aussi le voile sur le fait que les dynamiques économiques, politiques, sociales et militaires risquent de devenir “incontrôlables et donc ingouvernables”, parlant d’un danger lié au “contrôle social et de manipulation”.

“La révolution de l’information change également la façon de percevoir le savoir, dont l’horizon pourrait être réduit uniquement à ce que l’IA peut élaborer”, peut-on encore lire sur le site d’information officiel du Saint-Siège.

Le document de la Commission théologique internationale appelle notamment à cultiver l’équilibre entre “ce qui est techniquement possible et ce qui est humainement sensé”.

Il souligne également le fait que l’humain semble perdre “le sens de l’histoire”, en réduisant tout à un “présent fermé sur lui-même” et à “la culture de l’anamnèse”, qui a cédé sa place à “l’amnésie de la culture”.

“Un présent qui ne connaît plus de passé n’a plus aucun avenir”, et peut comporter des “formes de révisionnisme et de négationnisme ou de populismes”, souligne le texte.

SMD/BK