SENEGAL-AFRIQUE-EDUCATION-RELIGION
Dakar, 8 août (APS) – Le Symposium des Conférences Épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM) a officiellement adopté, vendredi, la ‘’Déclaration d’Addis-Abeba sur l’Éducation Catholique’’, fixant la feuille de route (2026-2031) de l’Église pour transformer ses structures éducatives en véritables moteurs de développement humain intégral et de leadership éthique à travers toute l’Afrique.
Réunis du 5 au 8 août dans la capitale éthiopienne, des centaines de participants – présidents de conférences épiscopales, évêques, dirigeants d’universités, religieux, laïcs et jeunes – ont dressé un état des lieux ‘’sans concession des réalités africaines’’, informe un communiqué parvenu à l’APS.
Tout en valorisant l’apport historique du réseau éducatif catholique, la déclaration met en exergue aussi les défis contemporains majeurs que sont le chômage, les conflits, la pauvreté, les flux migratoires, la révolution numérique et l’urgence écologique.
Pour répondre à cette conjoncture, le SCEAM s’engage sur plusieurs axes stratégiques majeurs.
En premier lieu, la Déclaration prône une modernisation technologique d’envergure, marquée par un investissement massif dans le numérique. Le texte appelle à une utilisation ”responsable et éthique” de l’intelligence artificielle (IA) tant dans les méthodes d’enseignement que dans les travaux de recherche.
Par ailleurs, face à la crise de l’emploi qui frappe durement la jeunesse africaine, l’accent est résolument mis sur l’entrepreneuriat. Les institutions catholiques devront désormais prioriser l’innovation et le développement de compétences directement connectées aux réalités et aux aspirations économiques locales pour favoriser la création d’emplois.
Sur le plan humain, l’Église réaffirme sa mission fondamentale ‘’d’inclusion sociale’’ en s’engageant à ‘’élargir’’ l’accès à une éducation de qualité. Cet effort ciblera en priorité les populations les plus vulnérables, en particulier les plus pauvres, les personnes vivant avec un handicap physique ainsi que les communautés déplacées ou marginalisées.
S’inspirant de l’encyclique et des enseignements de l’Église sur l’écologie intégrale, le document engage toutes les institutions éducatives à faire ‘’progresser l’éducation environnementale et à promouvoir concrètement le soin de la création au sein de leurs programmes’’.

Le document insiste sur le fait que l’éducation nécessite une ‘’synergie d’actions’’.
Les évêques africains lancent ainsi un appel direct aux gouvernements du continent pour qu’ils soutiennent la contribution du réseau catholique au développement national. Ils sollicitent également l’Union Africaine (UA) et les partenaires internationaux pour ‘’renforcer ces initiatives’’.
Au niveau interne, le texte rappelle le rôle premier et indispensable des familles dans l’éducation de la foi et des valeurs.
Pour garantir la mise en œuvre concrète de ces résolutions, la Déclaration d’Addis-Abeba acte une réforme structurelle majeure : l’institution d’une Commission Épiscopale du SCEAM dédiée à l’Éducation Catholique.

Cette nouvelle instance aura la charge d’élaborer un Cadre Continental commun, de suivre la mise en œuvre de plans d’action nationaux par chaque conférence épiscopale, et d’évaluer périodiquement les progrès.
‘’Puisse l’éducation catholique continuer à être un phare d’espérance, de foi, de connaissance, de justice et de paix pour l’Afrique et Madagascar’’, note encore le texte, qui ambitionne de ‘’former’’ une nouvelle génération de citoyens responsables, d’entrepreneurs inventifs et de dirigeants éthiques pour le continent.
CS/AB
