Tambacounda, 26 juil (APS) – Le traitement journalistique des cas de violences sexuelles implique que la gravité de ce phénomène soit prise en compte dans l’optique de protéger les victimes, a soutenu la juriste Ndèye Oulimata Sène, membre de l’Association des juristes sénégalaises (AJS).

“Vous ne pouvez plus traiter les violences sexuelles, notamment les viols et la pédophilie comme des faits divers. Les violences sexuelles sont graves, vous devez les traiter normalement, mais aussi protéger les victimes”, a-t-elle lancé.

Ndèye Oulimata Sène intervenait mardi, à Tambacounda (est), lors d’un atelier de l’AJS consacré au traitement des cas de violences sexuelles, à l’intention d’une trentaine de journalistes, d’animateurs, d’éditeurs et des leaders d’associations professionnelles des médias de cette région.

Cette rencontre vise le renforcement de capacités des journalistes pour “le traitement adéquat des violences sexuelles”.

Elle s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre d’un projet de l’AJS, intitulé “Contribuer à l’éradication des violences sexuelles par la sensibilisation, la vulgarisation et l’application effective de la loi criminalisant le viol et la pédophilie en zone urbaine et périurbaine”.

Ce projet intervient dans six régions du Sénégal, que sont Dakar, Thiès, Kaolack, Diourbel, Saint-Louis et Tambacounda.

Selon Ndèye Oulimata Sène, l’AJS attend des journalistes “un traitement adéquat des informations” relatives aux violences sexuelles à l’issue de cette formation.

“On ne peut pas occulter le fait que les violences sexuelles constituent des violations graves de la dignité humaine, les journalistes sont au premier abord”, a-t-elle-dit.

Selon la juriste, à travers les publications, l’on “peut voir beaucoup d’informations sur les victimes”, leurs initiales et les quartiers où elles résident par exemple.

Ce faisant, ajoute Ndèye Oulimata Sène, “on nuit ainsi à leur intégrité. Si une personne recoupe les informations distillées dans la presse, elle peut identifier les victimes”.

De cette manière, “vous ne participez pas à la dignité de la personne, [même si] on attend que vous donniez les informations juste et vraies”, a-t-elle lancé aux participants.

Et d’ajouter : “On sait que le mal est profond, qu’on doit aller vers les communautés, les sensibiliser pour qu’elles connaissent la loi, parce que depuis que la loi est votée en 2020, beaucoup de personnes ignorent sa quintessence”.

Depuis le vote de cette  loi criminalisant le viol et la pédophilie, insiste-t-elle, “le constat est que chaque jour des cas de violences sexuelles sont rapportés par la presse. On se rend compte qu’il y a beaucoup de viols qui se passent.”

BT/BK/MTN/OID

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