Le taux national d’utilisation des antimicrobiens s’élève à 56,3% contre 33% au niveau mondial (officiel)
Le taux national d’utilisation des antimicrobiens s’élève à 56,3% contre 33% au niveau mondial (officiel)

SENEGAL-SANTE-STATISTIQUES

Dakar, 16 mars (APS) – Le taux d’utilisation d’antimicrobiens au Sénégal s’élève à 56,3% contre 33% au niveau mondial, a-t-on appris, lundi, de la directrice de la qualité, de la sécurité et de l’hygiène hospitalière au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique.

”Les résultats de septembre 2025 de l’enquête nationale de prévalence ponctuelle de l’utilisation d’antimicrobiens montre une prévalence nationale de l’utilisation des antimicrobiens de 56,3% contre 33% au niveau mondial’’, a notamment déclaré Mame Awa Ndoye citant une étude menée dans le cadre de la deuxième phase du Fleming Fund.

La directrice de la qualité, de la sécurité et de l’hygiène hospitalière s’exprimait ainsi, à Dakar, au cours de la réunion de clôture de la deuxième phase de ce projet au Sénégal.

Fleming Fund est un programme d’aide du gouvernement britannique qui soutient près de 25 pays d’Afrique et d’Asie dans la lutte contre la résistance aux antimicrobiens (RAM).

Les antimicrobiens sont des médicaments (antibiotiques, antiviraux, antifongiques, antiparasitaires) utilisés pour tuer ou inhiber la croissance de micro-organismes, essentiels à la santé humaine et animale. L’usage excessif entraîne une résistance, rendant les infections difficiles à traiter et causant plus d’un million de décès annuels, selon l’OMS.

Evoquant le projet Fleming Fund, Mame Awa Ndoye a rappelé que cette initiative du gouvernement britannique visant à soutenir les pays à faible revenu est mise en œuvre durant la période juillet 2024 et mars 2026 sur cinq sites prioritaires dans les régions de Saint Louis, Thiès et Dakar, où six laboratoires sont intégrés dans le processus.

Les résultats montrant un taux d’utilisation de 56, 3% d’antimicrobiens au Sénégal a été obtenu grâce à une enquête effectuée dans 40 établissements hospitaliers publics et privés, avec la participation de plus de 200 professionnels de santé.

Grâce au projet Fleming Fund, toutes ces structures de santé ont été dotées d’un équipement informatique afin de leur permettre de mener à bien l’enquête et d’obtenir des données sur la RAM, a fait savoir la directrice de la qualité, de la sécurité et de l’hygiène hospitalière.

Elle a en outre souligné que la résistance aux antimicrobiens ne concerne pas seulement la santé humaine, mais touche également l’environnement, avec l’utilisation d’éléments chimiques, de pesticides utilisés dans l’agriculture. 

La RAM a aussi des conséquences sur la santé vétérinaire, avec l’usage de médicaments et produits utilisés chez le bétail, a noté Bakary Thior, conseiller du Premier ministre en santé, qui a suggéré la création d’un Haut Conseil de sécurité sanitaire, qui sera un mécanisme de détection de la RAM et regroupera tous les secteurs concernés. 

Le taux national d’utilisation des antimicrobiens s'élève à 56,3% contre 33% au niveau mondial (officiel)

NSS/ABB/OID