SENEGAL-SOCIETE
Dakar, 16 avr (APS) – L’État du Sénégal s’est doté d’un nouvel outil stratégique de pilotage des questions transfrontalières avec l’élaboration de la Politique nationale de gouvernance des frontières (PNGF), visant à promouvoir “un développement harmonieux et durable des espaces frontaliers”, a déclaré, jeudi, à Dakar, le général de division Cheikhou Mouhamadou Lamine Boucounta Camara, président de ladite commission.
“Un vaste travail de diagnostic a abouti à l’élaboration de la Politique nationale de gouvernance des frontières (PNGF), désormais érigée en outil stratégique de pilotage des questions transfrontalières”, a-t-il indiqué lors d’un atelier de partage du document.
Selon lui, la PNGF “définit les grandes orientations ainsi que les actions à conduire de manière complémentaire par l’ensemble des acteurs, en vue de promouvoir un développement harmonieux et durable des espaces frontaliers”.
Le général Camara a souligné que le Sénégal devient ainsi “le sixième pays de l’Union africaine à se doter d’une PNGF”, traduisant une volonté d’alignement sur les standards continentaux en matière de gouvernance des frontières.
Le document s’articule autour de six axes, dont quatre prioritaires portant sur la délimitation et la démarcation des frontières, la sécurité nationale, la coopération transfrontalière ainsi que l’équipement et le développement des zones frontalières.
La vision portée par cette politique est “claire et ambitieuse”, a-t-il fait valoir, précisant qu'”à l’horizon 2034, le Sénégal disposera de frontières sécurisées, prospères et pleinement intégrées dans l’ensemble national et ouest-africain”.
Cette vision repose notamment sur des fondements juridiques et politiques solides, dont le principe d’intangibilité des frontières hérité de l’Union africaine en 1974, ainsi que la Convention de Niamey sur la coopération transfrontalière ratifiée par le Sénégal en septembre 2024.
La PNGF sera mise en œuvre sur une période de dix ans, en deux phases distinctes : une première couvrant 2025-2029 et une seconde allant de 2030 à 2034.

Le plan d’action de cette politique est estimé à 200 milliards de francs CFA. Pour sa mise en œuvre, l’État entend mobiliser des ressources internes, notamment à travers les programmes d’équité territoriale et les ministères sectoriels, tout en renforçant le plaidoyer auprès des partenaires techniques et financiers, a indiqué le général Camara.
À ce titre, a-t-il ajouté, plusieurs appuis sont déjà acquis, notamment de la Banque mondiale à travers le programme de résilience et de développement communautaire de la vallée du fleuve Sénégal, pour un montant estimé à 411 milliards de francs CFA couvrant des axes liés à la coopération transfrontalière et au développement des zones frontalières.
D’autres contributions proviennent de l’Union européenne et de la coopération allemande dans le cadre d’un programme de renforcement de la résilience dans les zones frontalières avec la Guinée et le Mali (7 milliards de francs CFA), mais également du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), à travers un projet dédié à la gestion des ressources en eau dans les départements de Kanel et de Bakel, a-t-il relevé.
Le général Camara a aussi souligné que “la réussite et l’efficacité de la mise en œuvre de cette politique reposent sur un dispositif rigoureux de suivi-évaluation”, indispensable pour orienter les interventions, mesurer les résultats et garantir une répartition équitable des investissements sur l’ensemble du territoire national.
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