SENEGA-ALLEMAGNE-EDUCATION-COOPÉRATION
Dakar, 12 oct (APS) – Le programme germano-sénégalais Vision Dindéfélo, dont les actions visent notamment à accompagner des jeunes de cette commune du sud-est du Sénégal dans leurs études supérieures, est passé de 13 boursiers à son lancement en 2019 à 80 boursiers en 2023, a indiqué la responsable du volet étudiant de cette initiative, Véronique Coiffet, soulignant l’importance de la continuité dans les initiatives de coopération éducative.
“On a débuté en 2019 avec l’idée qu’on pouvait commencer avec peut-être cinq boursiers et, en réalité, on a décidé, dès le départ, d’accompagner 13 boursiers”, a-t-elle expliqué dans un entretien accordé à l’APS, soulignant que “le nombre de bénéficiaires est ensuite passé de 13 à 31, puis de 31 à 60, avant d’atteindre 80 en 2023.”
Cette évolution permet à des jeunes originaires de Dindéfélo de poursuivre leurs études dans différentes villes du Sénégal, notamment Dakar, Ziguinchor, Saint-Louis et Thiès, malgré les difficultés financières liées à leur parcours universitaire.
Initialement consacré aux bourses universitaires, le programme a été élargi à la formation professionnelle, afin de prendre en compte les jeunes qui ne peuvent pas poursuivre des études supérieures.
Cette orientation s’est notamment concrétisée avec “l’École de la bonne chance”, située à Dindéfélo, où une trentaine de jeunes apprennent la soudure, la menuiserie et l’agriculture, selon Mme Coiffet.
“On s’est rendu compte que ce n’est pas très équitable parce qu’il y a aussi les gens qui ne peuvent pas aller à l’université. Soit ils n’ont pas le bac, soit ils n’ont pas du tout les moyens, la force ou l’énergie d’aller faire des études”, a-t-elle expliqué pour justifier cette diversification.
Le volet agricole, introduit en 2025, comprend un périmètre maraîcher aménagé grâce aux financements des donateurs du programme.
Une ancienne boursière, formée à Ziguinchor, assure la gestion de cette structure et intervient dans l’enseignement de l’agriculture.
Étudiante en troisième année de formation en soins infirmiers et ancienne bénéficiaire du programme, Mariama Diallo estime que cette aide est essentielle pour les jeunes issus de cette localité.
“Comme vous le savez tous, c’est beaucoup de difficultés qu’on rencontre ici. Quitter une zone aussi éloignée, venir à Dakar pour suivre ses études, c’est un problème”, a-t-elle témoigné.
Elle souligne que la bourse lui permet de subvenir à ses besoins et de prendre en charge une partie de ses frais de scolarité.
“C’est grâce à cette bourse que je suis là maintenant. Parce qu’avec mes propres revenus, ou ceux de mes parents, ce serait un peu difficile de réaliser ce que je suis devenue aujourd’hui”, a-t-elle ajouté.
Pour cette étudiante, “la coopération entre les étudiants sénégalais et allemands repose également sur la réciprocité.”
“C’est une coopération, comme elle le dit tout le temps, ‘donnant-donnant’. Donc, on est là, on perçoit la bourse, mais quand même, nous aussi, on fait quelque chose en retour”, a-t-elle expliqué à l’APS, en référence aux échanges avec les étudiants allemands, pour lesquels la participation au programme contribue à la validation de crédits universitaires.

L’histoire de cette coopération remonte à 2010, date marquant le début des relations d’amitié entre le journaliste allemand Helmut Rucka et Carim Camara, alors enseignant et journaliste sénégalais.
À partir de 2011, des groupes allemands ont effectué des visites annuelles à Dindéfélo pour identifier, avec les acteurs locaux, les besoins de la commune et soutenir des projets, notamment dans les domaines de l’éducation, de l’autonomisation des femmes et de l’accès à l’eau.
La coopération a également favorisé des initiatives environnementales entre le département de Kédougou et celui de Passau, en Allemagne, dont le financement d’une installation solaire au niveau de l’école professionnelle.
Pour assurer un meilleur suivi des bénéficiaires, les responsables envisagent de mettre en place une application permettant notamment de gérer les candidatures, les dossiers universitaires et les données sur les parcours des boursiers.

Une lettre d’information mensuelle est également envisagée pour renforcer les échanges entre les différentes parties prenantes.
Mme Coiffet insiste enfin sur la nécessité d’inscrire ces initiatives dans la durée.
“Ce qui fait sa spécificité, c’est la durée”, a-t-elle affirmé, estimant que les projets de coopération doivent permettre aux jeunes de devenir progressivement autonomes, jusqu’à ne plus dépendre de l’aide extérieure.
ID/HB/HK

