SENEGAL-RELIGION-COMMERCE
+++Par Baboucar Thiam+++
Tivaouane, 25 août (APS) – Les vendeurs de divers articles ont débarqué depuis plusieurs jours à Tivaouane, espérant profiter de la forte affluence charriée par le Gamou célébré ce soir, pour écouler leurs marchandises, notamment les objets religieux.
Comme lors des rassemblements religieux, le marché des objets de piété attire beaucoup de vendeurs à la sauvette. Chapelets, exemplaires de Coran, ouvrages islamiques et bonnets sont exposés le long des routes menant vers la résidence El Hadji Mansour Sy, dans une ambiance de veille de fête.
Vers 10 heures, heure de pointe en cette période de Gamou, les rues grouillent de monde, vendeurs à la sauvette, charrettes et piétons se disputent les artères de la cité religieuse.
Ces embouteillages, bruyants et désordonnés ne perturbent guère Mody Niang, vendeur de livres, venu de Sadio, village du département de Mbacké, dans la région de Diourbel (centre).
‘’Nous essayons de profiter de l’ambiance, même si parfois, malgré la foule de pèlerins, les ventes restent limitées”, confie-t-il.
Accablé par la chaleur, le visage ruisselant de sueur, Mody Niang reste imperturbable. Les yeux fixés sur ces livres, il guette le moindre client qui serait intéressé par ses articles.
Profiter de l’ambiance, malgré tout
‘’Ici, nous proposons plusieurs types de livres, comme les exemplaires de Coran en version warch, et le hafs, très recherchés”, dit le vendeur.
Les prix varient ‘’entre 1.000 francs et 3.000 francs CFA”, parfois moins selon les circonstances, ajoute-t-il, soulignant que la vente se déroule relativement bien.
‘’D’un seul coup, je peux écouler deux, trois, voire quatre livres, mais il arrive aussi que je reste de longues heures sans rien vendre’’, fait-il valoir.

A ses côtés, Ibrahima Sow, vendeur de chapelet, a quitté Dakar pour rejoindre Tivaouane. Originaire d’Agnam dans la région de Matam (nord), il exerce ce métier depuis plusieurs années. Son meilleur chiffre d’affaires, dit-il, se réalise toujours lors des grands rassemblements religieux.
‘’Je suis ici depuis le premier jour du ‘burd’. A chaque événement, je me déplace pour écouler ma marchandise. Je le fait au Magal de Touba, au Gamou de Tivaouane, à Ndiassane et au Gamouwaat de Medina Baye”, raconte-t-il.
La trentaine révolue, Ibrahima Sow se tient debout près d’un cadre où sont suspendus ses chapelets, rangés en deux lignes horizontales.
‘’Les plus chers sont en haut, entre 8000 et 13000 francs CFA’’, précise le jeune commerçant. Il cite fièrement les modèles ‘’Mardial’’, ‘’Bahaline’’ et ‘’Kairouss”, prisés des fidèles. ‘’Et les moins chers sont accrochés en bas, entre 2000 et 3000 francs”, précise M. Sow.
Le jeune vendeur, interrompu par le brouhaha des commerçants voisins et les sirènes des policiers et sapeurs-pompiers, assure que ce vacarme fait partie de l’ambiance des marchés et contribue même à rassurer les forains.
Il ajoute qu’il restera à Tivaouane jusqu’à la fin du Gamou, fidèle à ce rendez-vous religieux qui concentre ses meilleures ventes.

À quelques pas de lui, près de la sortie de la ruelle menant à la résidence, un autre vendeur s’active sous une petite tente. Elle le protège à peine de la lumière écrasante du soleil, mais pas de la chaleur suffocante. Malgré la pluie tombée la veille, l’air reste lourd. Eventail en main, il tente par gestes réguliers d’adoucir la température accablante.
Des ventes en demi-teinte
Ousmane Ndiaye, 27 ans, soutient qu’il vend des bonnets depuis l’âge de 15 ans. Habitant Tivaouane, il tient une cantine au marché, mais à l’occasion du Gamou, il installe ses étals près de la résidence pour attirer davantage de clients.
‘’Cette année, les ventes ne répondent pas encore à mes attentes’’, confie-t-il. Pourtant, ses prix restent ‘’abordables”, allant de 1000 francs à 6000, voire 10 000 francs FCFA pour les modèles les plus prisés.
BT/ADI/ASB/HK/MTN
