Le New Deal technologique, levier de soutien à la créativité et à l’innovation
Le New Deal technologique, levier de soutien à la créativité et à l’innovation

SENEGAL-SOCIETE-TIC

Dakar, 21 avril (APS)- Le New Deal technologique, nouveau cadre de référence pour la transformation digitale du Sénégal, suggère une approche stratégique pour accompagner l’écosystème numérique, en mettant en exergue les mécanismes structurants devant stimuler l’innovation et la créativité, tout en s’inscrivant dans une dynamique de déploiement territorial du numérique.

A l’occasion de la Journée internationale dédiée à l’innovation et à la créativité célébrée le 21 avril de chaque année depuis 2018 par l’Organisation des Nations unies (ONU), le New deal technologique apparaît comme le principal cadre dans lequel s’organisent les efforts publics destinés à soutenir l’innovation, à diffuser les usages numériques et à créer les conditions d’un écosystème numérique plus intégré, plus accessible et plus créatif.

Officiellement lancé en février 2025 avec l’ambition de faire du Sénégal une “société numérique et une économie de services à forte valeur ajoutée”, le New Deal technologique s’articule autour de trois priorités : la digitalisation des services publics, le développement de l’économie numérique et le positionnement du pays comme un leader africain du secteur.

Au-delà de la modernisation administrative, ce cadre vise à créer un environnement favorable à l’émergence de solutions innovantes, en agissant à la fois sur les infrastructures, les plateformes et les usages, a-t-on appris de la tutelle.

Des infrastructures renforcées pour soutenir l’innovation

Parmi les premiers leviers activés figure le renforcement des capacités numériques de l’État, impliquant une “hausse significative” de la bande passante Internet des administrations publiques, passée de 600 mégabits à 20 gigabits, ainsi que l’interconnexion de 51 bâtiments gouvernementaux depuis 2024, peut-on lire dans un document reçu des services du ministère en charge des Télécommunications et du Numérique.

Selon la même source, ces investissements visent à doter l’administration d’une “base technologique robuste”, condition essentielle au développement de services numériques performants et à l’émergence d’initiatives innovantes dans le secteur public comme privé.

Parallèlement, les infrastructures techniques de la société nationale Sénégal Numérique SA ont été auditées et renforcées afin d’assurer un hébergement sécurisé des applications critiques de l’administration, indique le département en charge des Télécommunications.

L’inclusion numérique s’est aussi matérialisée par la la mise en service d’un lycée connecté à Adéane, dans le département de Ziguinchor (sud), le 10 avril dernier.

En inaugurant cet équipement, le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Alioune Sall, a insisté sur le fait que la connexion numérique des établissements scolaires constitue désormais “une nécessité pédagogique”.

Selon lui, l’enjeu dépasse largement l’installation d’un nouvel équipement, car il s’agit de “garantir à chaque localité du Sénégal un accès équitable à l’économie et au savoir du XXIe siècle”.

Le ministre a aussi évoqué une autre dimension du New Deal technologique, relativement à “la réduction des inégalités territoriales face au numérique”. Il s’agira, selon lui, de “corriger les écarts entre les élèves des zones rurales et ceux des grandes agglomérations urbaines”.

“Un lycée connecté n’est pas un luxe”, a-t-il martelé, en rappelant qu’un tel dispositif est devenu indispensable pour permettre aux élèves, notamment ceux des classes de Terminale, de préparer le baccalauréat avec les mêmes ressources pédagogiques que leurs pairs dans le reste du pays.

Cette extension de la transformation numérique au secteur éducatif donne une portée plus concrète aux objectifs d’innovation et de créativité défendus par les pouvoirs publics.

En connectant les établissements, l’État ne cherche pas uniquement à introduire des outils techniques dans les salles de classe. Il entend aussi favoriser de nouveaux usages pédagogiques, appuyer la circulation des connaissances et ouvrir plus largement l’accès aux contenus et aux compétences du XXIe siècle, a notamment insisté Alioune Sall.

Dans cette perspective, il a souligné le fait que le numérique demeure “non seulement un instrument de modernisation, mais aussi un moyen d’élargir l’accès à de nouveaux parcours professionnels”.

Il a invité les enseignants à en faire un levier transversal, permettant par exemple de recourir à des simulations en physique, d’exploiter des archives numériques en histoire ou encore de renforcer la pratique des langues étrangères.

Après la modernisation des infrastructures de l’État, l’interconnexion des administrations, la dématérialisation des démarches et la sécurisation des paiements publics, l’accent est désormais mis sur “l’appropriation sociale du numérique”, notamment à travers l’école, l’inclusion territoriale et la promotion des femmes dans les métiers technologiques, a rappelé le ministre.

Des plateformes numériques pour stimuler les usages 

Dans cette optique, la mise en service de e-Jokko constitue une avancée majeure dans la structuration de l’écosystème numérique. Cette plateforme permet le partage sécurisé et en temps réel des données entre les administrations, en s’appuyant sur le principe du “Once Only”, selon lequel l’usager ne fournit qu’une seule fois ses données, renseigne le ministère en charge des Télécommunications et du Numérique.

Ce mécanisme, poursuit le département, “favorise non seulement l’efficacité administrative, mais ouvre également la voie à la conception de services innovants reposant sur l’exploitation intelligente des données publiques”.

Les premiers cas d’usage concernent notamment les finances publiques, avec l’interconnexion entre les services fiscaux et douaniers, ainsi que la protection sociale, grâce au partage de données entre les structures en charge des politiques sociales, indique la même source.

Le New Deal technologique s’appuie également sur le déploiement de plateformes destinées à simplifier les démarches et à encourager l’adoption du numérique.

Le guichet unique e-Sénégal permet aux citoyens et aux entreprises d’accéder à plusieurs services administratifs en ligne, tandis que e-Consulat facilite les démarches des Sénégalais de l’extérieur.

Dans le même élan, le système e-Visa Sénégal introduit une procédure entièrement dématérialisée pour les demandes de visa, contribuant à améliorer l’attractivité du pays.

À ces dispositifs s’ajoute la plateforme de e-paiement du Trésor, consolidée pour permettre le règlement sécurisé, via mobile, des impôts, amendes et frais administratifs, renforçant ainsi les usages numériques dans les transactions publiques.

À travers ces mécanismes, les autorités sénégalaises misent sur une “approche systémique”, allant dans le sens de “renforcer les infrastructures, fluidifier les échanges de données et multiplier les services numériques pour créer un terrain favorable à l’innovation”.

Cette dynamique s’inscrit dans une perspective plus large de transformation de l’action publique et de stimulation de la créativité, en dotant les acteurs d’outils numériques adaptés.

Le renforcement des infrastructures, la mise en place de plateformes interopérables et l’accent mis sur l’inclusion territoriale et sociale, contribuent ainsi à faire du Sénégal un environnement favorable à l’innovation et à la créativité. Cette dynamique de digitalisation devrait aider à davantage positionner le pays comme un hub numérique en Afrique, en conciliant accès équitable aux opportunités et transformation technologique.

SMD/HK/BK