SENEGAL-TOURISME-IMPACT
Thiès, 28 sept (APS) – Le mode d’exploitation du tourisme de luxe au Sénégal ne profite pas aux économies locales, a affirmé, samedi, à Thiès, Doudou Gnagna Diop, président du conseil d’administration de la Société d’aménagement de la Petite Côte (SAPCO).
“Le tourisme de luxe existe bien au Sénégal, mais la manière dont il est organisé dans son exploitation depuis les marchés émetteurs ne profite pas aux économies locales’’, a déploré M. Diop.
Il participait à un débat public sur le thème ‘’Tourisme de luxe : moteur de croissance ou nouvelle forme de dépendance économique’’, organisé par le Pôle intégration du tourisme sénégalais (PITS) en collaboration avec l’Organisation nationale pour l’intégration du tourisme sénégalais (ONITS), à l’occasion de la journée mondiale du tourisme.
Le thème de cette année est “Tourisme et transformation durable.
Le PCA de la SAPCO, par ailleurs propriétaire d’un réceptif hôtelier dans le département de Mbour, relève qu’avec le “système hall inclusif, tout est compris, tout est payé dès le départ, de telle sorte que les localités où l’investisseur s’est implanté ne peuvent pas profiter de cette économie’’.
Il suggère que cette journée soit mise à profit par les dirigeants dans leur globalité, pour prendre le temps d’écouter les populations locales, car, dit-il, ‘’ces dernières ont accueilli des projets qui leur tombent du ciel, et il faut que ces projets créent de l’économie locale’’.
En plus de ne pas contribuer aux économies locales, a-t-il ajouté, le tourisme de luxe occasionne des “externalités négatives”, en ce qu’il ‘’perturbe’’ le mode de vie, les traditions des populations locales, ainsi que leur environnement.

Pour Doudou Gnagna Diop, qui est aussi promoteur d’une école de formation en tourisme et hôtellerie basée à Thiès, le tourisme, pour être durable, doit tenir compte de trois facteurs que sont l’environnement, le volet social et le volet économique.
Il faut un environnement sain pour développer un tourisme profitable, a-t-il dit, ajoutant que du point de vue social, l’activité touristique doit surtout favoriser l’emploi des jeunes.
A propos du volet économique, M. Diop note que “si le tourisme [ne génère] pas assez de revenus pour entretenir l’environnement et créer une vie sociale là où il se pratique d’une manière profitable, on ne peut pas parler de durabilité’’.
Instaurée en 1979 par l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) , la journée mondiale du tourisme est, depuis lors, célébrée chaque année le 27 septembre – une date correspondant à celle de l’adoption des statuts de l’OMT en 1970 -, dans plus de 150 pays, à travers des conférences, des événements culturels et des initiatives locales.
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