Le ministre Amadou Ba exprime sa ”vive indignation” suite à la destruction d’une mosaïque murale à Thiès
Le ministre Amadou Ba exprime sa ”vive indignation” suite à la destruction d’une mosaïque murale à Thiès

SENEGAL-CULTURE

Dakar, 6 janv (APS) – Le ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme a exprimé, mardi, sa ”vive indignation” et annoncé avoir saisi le maire Babacar Diop pour des explications suite à la destruction d’une œuvre d’art en mosaïque de l’artiste peintre sénégalais Papa Ibra Tall (1935-2015), à la Place de France, à Thiès.

”J’exprime ma vive indignation face à cet acte, qui porte atteinte à l’intégrité du patrimoine artistique et à l’héritage laissé par l’un des plus illustres créateurs sénégalais’’, a déploré Amadou Ba dans un communiqué rendu public mardi.

Pour faire la lumière sur cette affaire, le ministre a annoncé la saisie officielle du maire de la ville de Thiès, afin de solliciter toutes les informations utiles sur les motifs, les conditions et le cadre décisionnel ayant conduit à la destruction de ladite œuvre.

La mosaïque en question, réalisée par le grand Maître Papa Ibra Tall, une figure emblématique et pionnier de l’art moderne sénégalais, constitue un élément majeur du patrimoine artistique national et un témoignage précieux de la mémoire culturelle de notre pays, a souligné Amadou Ba dans le texte.

Il a rappelé dans le même temps que toute intervention affectant une œuvre d’art ou un bien culturel, notamment dans l’espace public, doit impérativement se faire dans le respect des textes en vigueur et en concertation avec les services compétents de l’État.

‘’La préservation des œuvres d’art dans l’espace public relève d’une responsabilité collective, en particulier des autorités publiques, et s’inscrit dans les principes de sauvegarde, de transmission et de valorisation de notre patrimoine culturel’’, a-t-il réitéré. 

Papa Ibra Tall était un artiste influent dans la politique culturelle du Sénégal, à l’époque du président Léopold Senghor et a contribué à la mise en œuvre de l’école de Dakar, un mouvement artistique et philosophique conçu après la décolonisation.

Ayant étudié en France et séjourné aux Etats-Unis, où il a rencontré le musicien de jazz John Coltrane et l’activiste Malcolm X, l’artiste touche-à-tout est beaucoup mieux connu dans le milieu de la tapisserie, notamment à travers la manufacture nationale créée par le premier président sénégalais en 1966. Ses œuvres décorent des lieux emblématiques au Sénégal et ailleurs, comme le palais de la République, le siège de l’Organisation des Nations unies, entre autres sites.

Dans son communiqué, le ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme a réaffirmé ”l’engagement constant du gouvernement du Sénégal à protéger les artistes, à sauvegarder les œuvres majeures de la création nationale et à promouvoir une gouvernance culturelle respectueuse de notre histoire, de nos valeurs et de notre identité”.

ABB/OID/MTN