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Dakar, 17 nov (APS) – Le secrétaire général adjoint du gouvernement, Abdoulaye Faye, a fait part, lundi, de l’engagement des autorités à donner un nouveau souffle à la gestion des archives nationales à travers un comité interministériel chargé de piloter, depuis la Primature, la définition d’une “nouvelle stratégie de gouvernance des archives”.
”Le numérique pourrait nous aider à ne pas perdre de la mémoire, ne pas perdre de documents historiques importants […]. C’est le sens de l’engagement du gouvernement à donner un nouveau souffle à la gouvernance des archives”, a-t-il dit.
M. Faye présidait l’ouverture officielle d’un atelier régional sur la numérisation et la préservation numérique portant sur le thème : “Penser le numérique dans les archives”.
Cette rencontre régionale de trois jours initiée par l’Ecole des bibliothécaires, archivistes et documentalistes (EBAD), la direction des Archives du Sénégal et le Conseil international des archives, réunit 14 de pays africains francophones. Elle vise à renforcer les compétences des participants sur le numérique et à construire un réseau de professionnels sur les différentes problématiques ayant trait à la digitalisation des archives.

Selon Abdoulaye Faye, “la gouvernance des archives a été un thème qui est revenu entre 2024 et 2025 à trois reprises en Conseil des ministres, c’est dire toute l’importance de la place que les nouvelles autorités de ce pays accordent à la gestion et à la gouvernance des archives”.
Il a ajouté que c’est dans ce sens qu’un comité interministériel a été créé au sein de la Primature pour piloter la définition d’une “nouvelle stratégie de gouvernance des archives”.
Cette modernisation des archives historiques implique forcément “l’utilisation intégrale du numérique”, a souligné Abdoulaye Faye, selon qui ces documents doivent être bien conservés “pour les générations actuelles et les générations futures”.
De même, a-t-il poursuivi, “la digitalisation s’impose comme un outil indispensable pour le développement tout court, mais surtout pour la préservation et la conservation des archives, étant entendu qu’au Sénégal et un peu partout, on a d’énormes difficultés avec la volumétrie”.
Le ministre secrétaire général adjoint du gouvernement a relevé que de nombreux pays doivent également faire face aux difficultés liées aux conditions de conservation pour sécuriser leurs archives, bien les gérer pour assurer leur bonne gouvernance.

Abondant dans le même sens, le professeur Djibril Diakhaté, directeur de l’Ecole des bibliothécaires, archivistes et documentalistes (EBAD) de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar est revenu sur le défi de la numérisation des archives dans la plupart des pays africains.
“Nous n’avons pas les infrastructures nécessaires en termes de stockage. Il y a aussi la question de l’inégalité du point de vue de l’accès à l’électricité, l’accès à la connectivité […]. Ce sont des enjeux qu’il faut prendre en compte”, a -t-il déploré.
M. Diakhaté est d’avis que la numérisation implique des technologies qui, le plus souvent, “coûtent excessivement chères”, et que les pays africains n’ont pas les moyens d’adopter.
“Il y a un autre défi lié au cadre juridique. On parle tout le temps de documents numériques mais dans certains pays, le cadre juridique n’est pas encore structuré. Le document numérique ne constitue pas aujourd’hui une valeur probante dans certains pays”, a relevé le spécialiste.
La signature électronique pose problème dans certains pays, a-t-il ajouté, soulignant que le cadre juridique doit être mis en avant pour accompagner cette transformation, de même que les questions d’éthique, de transparence, d’accès aux ressources.

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