SENEGAL-AFRIQUE-DEFIS
Dakar, 21 avril (APS) – La dixième édition du Forum de Dakar sur la paix et la sécurité s’est clôturée mardi sur un appel des participants à transformer les constats partagés en “actions concrètes”, avec un accent particulier sur la prise en charge, par les Africains eux-mêmes, des défis sécuritaires et de développement du continent, a souligné le ministre de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur, Cheikh Niang.
Il s’exprimait lors de la cérémonie de clôture de ce forum de deux jours (20-21 avril), axée cette année sur le thème “L’Afrique face aux défis de stabilité, d’intégration et de souveraineté : quelles solutions durables ?”
A côté de ses homologues du Mali et de la Gambie, Cheikh Niang a indiqué que les échanges ont permis de dégager “une conviction centrale”, relativement au fait que la paix en Afrique doit être construite à partir de dynamiques internes, “fondées sur des institutions légitimes, des économies résilientes et des sociétés inclusives”.
Le patron de la diplomatie sénégalaise a salué, à ce sujet, les contributions “remarquables” aux débats de personnalités politiques, de diplomates, d’officiers supérieurs, d’acteurs du monde académique, des représentants de la société civile et des experts qui ont pris part à la rencontre,
Selon lui, cette édition, qualifiée de moment de “maturation et de vérité”, a offert l’occasion d’examiner “sans complaisance les fragilités du continent et de souligner que la stabilité ne peut être durable sans une relation de confiance entre l’État et les citoyens”.
Il s’est félicité du fait que les participants ont insisté sur la nécessité de s’attaquer aux “causes profondes des crises”, citant la précarité, l’exclusion sociale et la rupture du contrat social.
Les travaux ont également mis en avant le rôle central des jeunes et des femmes dans les dynamiques de paix et de développement, tout en appelant à des politiques plus inclusives en leur direction, a martelé M. Niang.
Le ministre a aussi relevé “l’urgence de renforcer la souveraineté du continent”, en particulier à travers la transformation locale des ressources naturelles et le développement de chaînes de valeur.
Il s’agit, selon lui, d’une “orientation essentielle” consistant à corriger le décalage entre la richesse en ressources et les niveaux de développement observés sur le continent.
Le ministre en charge des Affaires étrangères du Sénégal a par ailleurs souligné que cette quête de souveraineté doit s’accompagner d’une “ouverture maîtrisée”, reposant sur des partenariats “équilibrés et mutuellement bénéfiques, sans remettre en cause l’ancrage du continent dans la coopération internationale”.
Les conclusions des discussions ont également mis l’accent sur la nécessité d’une intégration régionale plus poussée et d’un renforcement des échanges intra-africains, considérés comme des réponses incontournables face aux menaces transnationales, notamment le terrorisme, les trafics illicites, les cybermenaces et les effets du changement climatique, a indiqué Cheikh Niang.
Dans cette perspective, il a présenté l’unité africaine comme “une “exigence opérationnelle” devant impliquer la mise en place de “mécanismes communs, crédibles et suffisamment financés, capables de prévenir et de gérer les crises”.
Parmi les principales recommandations, figure la proposition d’une “Doctrine de Dakar sur la prévention des conflits, visant à anticiper les risques plutôt qu’à intervenir dans l’urgence”, a-t-il signalé.
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