”Le fil de la foi”, une exposition centrée sur le parcours artistique et spirituel de Ndey Mbaay
”Le fil de la foi”, une exposition centrée sur le parcours artistique et spirituel de Ndey Mbaay

SENEGAL-CULTURE

Dakar, 29 juil (APS) – L’exposition ”Le fil de la foi”, dédiée aux œuvres de l’octogénaire Adja Bineta Oumah, dite ”Ndey Mbaay”, témoigne du parcours d’une artiste ayant choisi de faire de son talent un langage de foi, de beauté et d’espérance, a déclaré le directeur des Arts, Hugues Diaz.

”En découvrant ses créations, nous ne contemplons pas seulement des broderies ou des tableaux. Nous découvrons le cheminement d’une femme qui, après toute une vie de travail, a choisi de transformer son talent en un langage de foi, de beauté et d’espérance”, a-t-il dit.

M. Hugues Diaz s’exprimait, lors du vernissage de cette exposition, qui se tient du 28 juillet au 2 août, à l’occasion du cinquantenaire du centre culturel régional Blaise Senghor de Dakar, en présence de Adja Bineta Oumah et plusieurs acteurs culturels.

M. Diaz soutient qu’à travers chacune des œuvres de Ndey Mbaay, ”le fil devient mémoire, la matière devient création et l’art devient élévation”.

Selon lui, cette exposition rappelle que ”le patrimoine culturel sénégalais ne se limite pas aux monuments ou aux objets anciens, il vit dans les mains des artisans, les gestes transmis de génération en génération, ou encore les savoir-faire qui racontent notre identité”.

”Cette exposition nous rappelle que la culture est aussi une école de patience, de résilience, de spiritualité et de créativité”, a-t-il estimé.

Le commissaire de l’exposition, Serigne Ndiaye, souligne, pour sa part, que cette exposition est en lien avec la pratique ”spirituelle et mystique” de l’artiste en tant qu’adepte de la Tidjaniya, avec “comme maître à penser et guide, Cheikh Ibrahima Niass”.

Elle sait que les noms de Dieu autour de ses œuvres “sont des attributs, que le musulman ne peut pas être réconcilié avec son créateur tant qu’il n’a pas pris en lui-même l’incarnation de ses attributs humains”, estime le commissaire.

La directrice du centre culturel régional de Dakar Blaise Senghor, Fatou Sène Dogue, soutient, quant à elle, que ”le fil de la foi” est non seulement un geste de patrimoine et un pont entre générations, mais également une invitation à regarder autrement un savoir-faire menacé.

Adja Bineta Oumah doit les prémices de son art à son séjour au collège moderne des jeunes filles Ameth Fall de Saint-Louis du Sénégal, où elle a été initiée à la couture dans les années 1950.

Elle fait fleurir des écrits qui font méditer les noms de Dieu, les éloges du sceau des prophètes Mouhamed (PSL), des invocations coraniques, ainsi que des citations de saints comme Cheikh Ibrahima Niass dit ”Baye”.

AMN/BK