Le FESMAN III, la manifestation culturelle emblématique de l’ère Wade
Le FESMAN III, la manifestation culturelle emblématique de l’ère Wade

SENEGAL-POLITIQUE-HOMMAGE

‎Dakar, 1er juin (APS) – Le troisième Festival mondial des arts nègres (FESMAN III) apparaît comme l’un des projets culturels les plus emblématiques de la vision de l’ancien président Abdoulaye Wade relative à une Afrique réconciliée avec son histoire, ouverte sur le monde et consciente de son potentiel créatif. Aussi cette manifestation tenue du 10 au 31 décembre 2010 compte-telle parmi les initiatives ayant le plus marqué le magistère de celui dont le centenaire de la naissance sera célébré les 4 et 5 juin prochains.

Le FESMAN III a remis le Sénégal au centre de la réflexion culturelle panafricaine, quarante-quatre ans après la première édition du Premier festival mondial des arts nègres initiée en avril 1966 par le président-poète Léopold Sédar Senghor, et trente-trois ans après la deuxième tenue à Lagos, au Nigeria, en 1977.

Portée personnellement par Abdoulaye Wade, cette manifestation internationale s’inscrivait dans le concept de Renaissance africaine qu’il a défendu tout au long de son mandat, de 2000 à 2012. Le thème retenu, ”Renaissance africaine, diversité culturelle et unité africaine”, traduisait la volonté de faire de la culture un instrument de dialogue, d’intégration et de projection de l’Afrique dans le concert des nations.

‎Pendant trois semaines, Dakar s’est transformée en capitale culturelle de l’Afrique et de sa diaspora. Quelque 3.200 participants, parmi lesquels des artistes, intellectuels, chercheurs, créateurs et plusieurs chefs d’État, venus de près de 80 pays, ont pris part à ce rendez-vous considéré comme l’une des plus importantes manifestations culturelles du continent au cours des dernières décennies.

Le festival a réuni des représentants de seize disciplines artistiques, notamment la musique, le théâtre, la danse, les arts visuels, le cinéma, la photographie, la littérature, l’architecture, la mode, le design, la sculpture, l’artisanat et les cultures urbaines. Cette diversité reflétait la volonté des organisateurs de mettre en exergue une Afrique plurielle, créative et en mouvement.

L’ouverture officielle, au stade Léopold-Sédar-Senghor, a donné la mesure de l’événement.

Devant près de 50.000 spectateurs, des figures majeures de la scène culturelle africaine telles que Youssou Ndour, Baaba Maal, Angélique Kidjo, Manu Dibango, Toumani Diabaté et Ismaël Lô ont participé à un spectacle grandiose retraçant l’histoire des peuples noirs, de l’Égypte antique à la Renaissance africaine contemporaine.

Près de 2.000 danseurs venus de plusieurs pays du continent ont pris part à cette fresque chorégraphique dirigée par le chorégraphe ivoirien Georges Mamboye qui garde toujours un souvenir grandiose de ce spectacle.

‎Le Brésil, invité d’honneur du festival, a occupé une place de choix dans la programmation. Quelque 200 artistes brésiliens ont présenté au public les multiples expressions culturelles issues de l’héritage africain dans ce pays qui compte l’une des plus importantes populations afro-descendantes au monde.

‎Au-delà des spectacles, le FESMAN III s’est voulu un espace de réflexion sur l’avenir du continent.

Des conférences, colloques, tables rondes et cafés littéraires ont réuni des intellectuels, universitaires et personnalités du monde culturel autour de questions liées à l’identité africaine, à la place des diasporas, à la mondialisation culturelle et à la contribution des peuples noirs au patrimoine universel.

‎Pour Abdoulaye Wade, la culture ne devait pas être cantonnée au domaine artistique, mais doit être considérée comme un levier de développement, un facteur d’unité et un outil de rayonnement international. À travers le FESMAN III, l’ancien chef de l’État entendait promouvoir une nouvelle image de l’Afrique, celle d’un continent ”libre, fier, créatif et optimiste”, selon la vision portée par les organisateurs.

‎Dans le cadre de la célébration du centenaire de sa naissance, le FESMAN III apparait comme l’un des acquis les plus marquants de l’héritage culturel de Me Abdoulaye Wade. Au-delà de son ampleur artistique, cette manifestation a traduit l’ambition de faire de Dakar un carrefour des cultures du monde noir et de placer la création artistique au cœur du projet de Renaissance africaine qu’il appelait de ses vœux. 

MK/BK