Le ciblage autonome d’être humains par des machines est en passe d’être une réalité, selon un responsable du CICR
Le ciblage autonome d’être humains par des machines est en passe d’être une réalité, selon un responsable du CICR

SENEGAL-MONDE-TECHNOLOGIE-SECURITE

Dakar, 15 sept (APS) – Le chef de la délégation régionale du CICR à Dakar, Jean Nicolas Marti, a alerté mardi sur l’urgence de préserver le contrôle et le jugement humains dans les décisions relatives à l’usage de la force, estimant que le ciblage autonome d’êtres humains par des machines est en passe d’être une réalité.

‘’La ligne rouge que constitue le ciblage autonome d’être humains par des machines dans les situations de conflits armés est en passe d’être franchie’’, a-t-il notamment déclaré.

Il intervenait à l’Humanitarium consacré dans la capitale sénégalaise aux enjeux de l’intelligence artificielle dans les conflits armées et au rôle du droit international humanitaire face à cette révolution technologique, y compris dans le domaine de l’armement.

L’évènement était à l’initiative du Comité international de la Croix-Rouge, en collaboration avec l’ambassade de la Suisse au Sénégal et le ministère de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur.

Le chef de la délégation du CICR à Dakar n’a pas manqué de souligner l’urgence de préserver le contrôle et le jugement humains dans les décisions relatives à l’usage de la force.

Une invite qui vient en échos à l’appel renouvelé le 25 août dernier par le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres et la présidente du CICR en faveur de l’adoption de nouvelles règles internationales sur les systèmes d’armes autonomes.

‘’Cette exigence est particulièrement importante concernant les systèmes d’armes autonomes, capables de sélectionner et d’attaquer des cibles sans intervention humaine directe’’, a martelé Jean Nicolas Marti,

A ses yeux, l’imprévisibilité de certains de ces systèmes augmente le risque d’attaques indiscriminées.

‘’Une machine peut-elle toujours reconnaître une personne qui se rend, qui est hors de combat ou qui ne participe pas aux hostilités ?’’, s’est interrogé le responsable régional du CICR.

Il n’a pas manqué d’évoquer une réalité à la confluence de l’opérationnel, de la diplomatie, de l’humanitaire et du droit qui appelle de tous ses vœux que tous les acteurs soient prêts, de manière simultanée et concertée à réguler son utilisation et à anticiper les adaptations nécessaires à ses effets.

AKS/MTN