SENEGAL-INSTITUTIONS-AMBITIONS
Dakar, 28 fév (APS) – Le président de l’Assemblée nationale, Malick Ndiaye a réaffirmé vendredi à Dakar l’engagement ferme de l’institution parlementaire de faire de l’évaluation des politiques publiques un pilier de la bonne gouvernance.
”Je réaffirme l’engagement ferme de notre institution à faire de l’évaluation des politiques publiques un pilier central de la bonne gouvernance”, a-t-il dit en président l’ouverture des travaux d’un séminaire d’imprégnation et la mise à niveau des députés sur l’évaluation des politiques publiques.
Selon Malick Ndiaye, cette rencontre marque une étape importante dans la politique de modernisation de l’Assemblée nationale qui veut exercer “avec rigueur” ses prérogatives constitutionnelles de contrôle de l’exécutif et d’évaluation des politiques publiques.
Ces prérogatives sont souvent reléguées au second plan, a-t-il regretté.
“Or, si le travail législatif est bien ancré dans nos pratiques, et si les mécanismes de contrôle sont régulièrement mobilisés, l’évaluation, elle, reste encore sous-exploitée”, a insisté le président de l’Assemblée nationale.
D’après Malick Ndiaye, l’absence de cadre méthodologique structuré ne permet pas à l’Assemblée nationale d’apprécier pleinement l’impact des politiques publiques sur la vie des citoyens sénégalais.
Fort de ce constat, “la 15ᵉ législature a résolument décidé de faire de l’évaluation des politiques publique un levier de performance et de recevabilité de l’action publique”, a déclaré Malick Ndiaye.
Cette mission dévolue à l’Assemblée nationale “doit être pleinement assumée afin de garantir que les politiques mises en œuvre par l’exécutif répondent efficacement aux besoins des populations”, selon Malick Ndiaye.
Il a précisé que cette démarche “ne doit pas être perçue comme une logique de confrontation, mais plutôt comme un processus d’amélioration continue, qui optimise les ressources et renforce les actes des politiques publiques sur le bien-être de nos populations”.
M. Ndiaye est d’avis que cette évaluation des politiques publiques ne peut réussir sans une démarche collective et collaborative portée “avec rigueur et engagement”.
Le député Cheikh Tidiane Youm, membre du groupe de travail sur l’évaluation des politiques publiques au sein de l’Assemblée nationale, a salué l’approche selon lui inclusive adoptée sur cette question.
“L’évaluation des politiques publiques constitue un rôle extrêmement important que le parlementaire doit jouer. […] Mais c’est aussi important pour l’exécutif, puisque cela permet au gouvernement de pouvoir mettre en place des politiques publiques efficaces”, a-t-il avancé.
Il a déploré le fait que cette disposition conférée par le règlement intérieur de l’Assemblée nationale, en son article 32 bis, “n’a jamais été appliquée” par l’institution parlementaire.
Le coordonnateur du Forum civil, Birahim Seck, a loué la décision des nouvelles autorités parlementaires de mettre en place un comité d’évaluation des politiques publiques.
“Depuis des années, depuis la réforme constitutionnelle de 2016, le Forum civil, mais également les autres organisations de la société civile, ont toujours demandé la mise en place d’un comité à l’Assemblée nationale, qui permet de procéder à l’évaluation des projets, des programmes, mais également des réformes effectuées ou bien déroulées au niveau de l’État du Sénégal”, a-t-il rappelé.
Moundiaye Cissé, directeur exécutif de l’ONG-3D, spécialisée dans la promotion de la démocratie, du développement durable et de la protection des droits humains, a abondé dans le même sens.
Il a fait part de sa disponibilité à accompagner l’Assemblée nationale à “réfléchir sur les outils et moyens lui permettant de jouer efficacement son rôle sur les questions d’évaluation des politiques publiques”.
Selon Moundiaye Cissé, cette initiative de l’Assemblée nationale traduit volonté de la nouvelle équipe d’aller dans le sens de l’efficacité.
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