SENEGAL-SANTE-FISCALITE
Dakar, 28 sept (APS) – Le Centre de recherche en économie appliquée (CRES) a lancé, lundi à Dakar, SimTax, un outil de simulation de la fiscalité des produits du tabac destiné à évaluer les différents scénarios de taxation et éclairer les décisions des pouvoirs publics en matière de lutte contre le tabagisme.
Développé par le CRES, SimTax permet de modéliser les effets de différentes options fiscales sur la consommation de tabac, la prévalence du tabagisme et les recettes publiques, avec pour objectif de contribuer à la protection de la santé des populations.
L’outil a été présenté lors d’un atelier organisé par le Forum civil, en partenariat avec Tax Justice Network Africa (TJNA) et le CRES, dans le cadre d’un projet de plaidoyer pour la taxation du tabac en Afrique.
La rencontre a également permis de partager les résultats d’un document de plaidoyer élaboré par le CRES et de mobiliser les parties prenantes autour de l’introduction d’une taxe spécifique sur les produits du tabac au Sénégal.
Le directeur du CRES, le professeur Abdoulaye Diagne, a souligné dans ce sens, ‘’l’importance de revoir le système fiscal appliqué au tabac afin de renforcer son efficacité et mieux protéger la santé des populations’’.
Il a rappelé que le Sénégal a porté le taux de la taxe ad valorem (ou selon la valeur) sur les cigarettes de 30 % à 100 %, dépassant ainsi le taux minimum de 50 % fixé par la directive régionale de la CEDEAO, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest.
Toutefois, le pays reste encore éloigné de l’objectif d’une taxation représentant 75 % du prix de vente au détail des cigarettes, tandis que la composante spécifique prévue par la directive communautaire n’est pas encore effectivement mise en œuvre.
La coordonnatrice adjointe du Programme national de lutte contre le tabagisme (PNLT), docteur Khady Gaye, a, pour sa part, souligné que la fiscalité constitue un instrument ‘’essentiel’’ de santé publique, en ce qu’elle contribue à réduire l’accessibilité financière des produits du tabac.
Elle a indiqué que SimTax permettra de disposer de données objectives pour apprécier les effets potentiels des différentes options fiscales sur la consommation, la prévalence du tabagisme et les recettes publiques.
Khady Gaye a toutefois précisé que cet outil ne se substitue pas à la décision publique, mais constitue un instrument d’analyse et d’aide à la décision, favorisant le dialogue entre les secteurs de la santé, de l’économie, des finances et de la recherche.
La représentante de Tax Justice Network Africa a, de son côté, estimé que la structure de la fiscalité joue un rôle déterminant dans l’évolution des prix, de la consommation et des recettes fiscales.
Elle a notamment relevé qu’en l’absence d’une taxe spécifique, les consommateurs peuvent se tourner vers des marques de cigarettes moins chères, atténuant ainsi les effets des augmentations fiscales.
Le coordonnateur du Forum civil, Matar Sall, a pour sa part salué les avancées enregistrées dans le cadre du plaidoyer pour une fiscalité plus efficace du tabac, tout en insistant sur l’importance de la collaboration entre les pouvoirs publics, les chercheurs et la société civile.
Il a appelé à une meilleure coordination des acteurs afin de favoriser l’application des directives communautaires de la CEDEAO et de l’UEMOA – Union économique et monétaire Ouest-africaine, et de renforcer les politiques nationales de lutte contre le tabagisme.
NSS/ABB/MTN
