L’AMS veut placer les jeunes au cœur du développement des industries culturelles et créatives
L’AMS veut placer les jeunes au cœur du développement des industries culturelles et créatives

SENEGAL-CULTURE

Dakar, 18 juin (APS) – La première édition de l’ICC Show, une plateforme d’immersion professionnelle destinée aux jeunes talents des industries culturelles et créatives (ICC), s’est ouverte jeudi au Centre culturel régional Blaise Senghor de Dakar, avec l’ambition de favoriser l’émergence d’une nouvelle génération d’entrepreneurs culturels capables de contribuer à la structuration du secteur au Sénégal.

Organisée par l’Association des métiers de la musique du Sénégal (AMS), en partenariat avec le Centre culturel régional Blaise Senghor, la rencontre réunit pendant trois jours de jeunes acteurs culturels, des artistes, entrepreneurs, des formateurs et décideurs autour de panels, ateliers, showcases et séances de réseautage.

‎Présidant la cérémonie d’ouverture au nom du ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, le directeur général de la Culture, Abdou Simbandy Diatta, a salué une initiative qu’il considère comme une réponse à la nécessité de doter les industries culturelles et créatives sénégalaises d’un cadre professionnel à la mesure de leur potentiel.

‎”L’ICC Show n’est pas un événement de plus dans le calendrier culturel sénégalais. C’est un signal. Le signal que la culture n’est pas seulement un patrimoine à célébrer, mais une économie à construire, à structurer et à défendre”, a-t-il déclaré.

Selon lui, le Sénégal dispose d’une richesse créative considérable portée par ses expressions musicales, artistiques, artisanales et narratives, mais cette richesse doit encore être transformée en moteur du développement économique.

‎”La créativité seule ne fait pas une industrie. Ce qui fait une industrie, c’est la capacité à produire de manière régulière, à grande échelle, avec une chaîne de valeur organisée, des débouchés maîtrisés et une rentabilité assumée”, a soutenu M. Diatta devant un parterre de professionnels de la culture et de jeunes entrepreneurs.

‎Il a estimé que le principal défi des acteurs culturels réside dans leur capacité à dépasser la seule dimension créative pour construire des modèles économiques viables et durables.

‎”Faisons focus sur le mot qui nous rassemble ici : le mot industrie. La créativité, nous en avons. Le Sénégalais est de nature un être créatif. Mais la créativité seule ne suffit pas à créer une industrie”, a-t-il insisté, invitant les participants à réfléchir aux mécanismes permettant de passer d’une logique artisanale à une logique de production organisée.

‎Pour le directeur général de la Culture, l’ICC Show constitue précisément un espace de rencontre entre créateurs, producteurs, entrepreneurs, formateurs et innovateurs, susceptible d’accélérer cette transformation.

Il a réaffirmé l’engagement du ministère de la Culture à accompagner cette dynamique, estimant que l’ambition d’une économie créative compétitive sur les marchés africains et internationaux exige une collaboration étroite entre les pouvoirs publics, les associations professionnelles et les acteurs du secteur.

‎”Votre présence est un acte politique au sens noble du terme. Vous affirmez que la culture est sérieuse, que la créativité est un métier et que l’art est une valeur économique autant qu’une valeur humaine”, a-t-il lancé aux participants avant de déclarer officiellement ouverte la manifestation.

‎A l’origine de cette initiative, le président de l’Association des métiers de la musique du Sénégal (AMS), Daniel Gomes, a expliqué que l’événement vise avant tout à donner davantage de visibilité et de responsabilités aux jeunes professionnels des industries culturelles et créatives.

”Chaque fois qu’il y a des rencontres professionnelles, les experts sont devant et les jeunes disposent de très peu de temps pour s’exprimer. Pourtant, nous avons découvert des jeunes qui créent des entreprises, qui développent des formations et qui portent des projets innovants”, a-t-il relevé.

‎Selon lui, l’ICC Show a été conçu comme un cadre d’échanges où ”les jeunes parlent aux jeunes”, mais aussi aux professionnels expérimentés et aux autorités, afin de favoriser les collaborations et la circulation des connaissances.

‎”Nous mettons en place les rails pour que les jeunes puissent conduire le train, le mettre en marche et définir eux-mêmes les orientations de demain”, a-t-il déclaré.

‎M. Gomes a également insisté sur la nécessité pour les jeunes acteurs culturels de mieux appréhender les réalités économiques de leur secteur et de développer une culture entrepreneuriale plus affirmée.

‎”Nous voulons faire en sorte que les jeunes comprennent comment fonctionne un marché culturel et qu’ils puissent construire ensemble des projets solides, au-delà de la seule attente de financements publics”, a-t-il expliqué.

‎Il a présenté l’ICC Show comme ”une immersion et une simulation de marché” destinée à préparer les jeunes créateurs sénégalais aux grands rendez-vous professionnels du continent et d’ailleurs.

‎”Nous espérons qu’à l’issue de ces trois jours, les participants sauront mieux qui fait quoi, quelles compétences existent et comment elles peuvent être mises en commun pour développer de véritables industries culturelles et créatives”, a-t-il ajouté.

‎La manifestation se poursuit jusqu’à samedi, avec un programme comprenant des conférences, ateliers pratiques, rencontres professionnelles et prestations artistiques destinés à favoriser l’émergence d’un écosystème culturel davantage structuré et tourné vers l’entrepreneuriat.

‎MK/BK