SENEGAL-ECONOMIE-POTENTIALITES
Ziguinchor, 21 août (APS) – L’agriculture génère une valeur ajoutée de 2 à 3 % dans la région de Ziguinchor, malgré l’existence de terres cultivables, a déploré vendredi, le consultant Moussa Boury Sall, lors de la restitution d’un rapport d’étude monographique du Pôle-territoire Sud.
‘’Ziguinchor dispose de milliers d’hectares de terres potentiellement cultivables, de 850 km de littoral riches en ressources halieutiques et un port stratégique qui relie trois pays, ainsi que d’un patrimoine culturel et touristique immense. Et pourtant, l’agriculture n’y génère qu’une faible valeur ajoutée’’, a dit M. Sall, membre de la Task-Force du Programme accélération compétitivité en emploi (PACE) du ministère de l’Economie, du Plan et de la Coopération.
Intervenant lors d’un atelier régional de restitution du rapport de l’étude monographique du Pôle-territoire Sud, il a relevé que seulement 3 % des mangues sont transformées, tandis que Ziguinchor et les autres régions méridionales perdent près de 40 % de valeur sur l’anacarde en exportant la noix brute.
Il a ajouté que la position économique de la région de Ziguinchor reflète celle de nombreuses zones du Sénégal et d’Afrique de l’Ouest : une économie entre formalité et informalité, fragmentée en petits producteurs faiblement organisés.
A cela s’ajoute un chômage massif des jeunes estimé entre 35 à 40 %, faisant de la région, une zone de départ pour l’émigration, croissante vers Dakar et l’étranger. Plus encore, Ziguinchor reste marquée par une pauvreté persistante malgré l’abondance de ses ressources naturelles.
Moussa Boury Sall a également souligné l’enclavement de la région, avec des routes rurales délabrées et impraticables, qui fragmente la chaîne logistique.
‘’Il s’agira, après l’étude, de choisir les filières stratégiques, de structurer leurs chaînes de valeur et de susciter des investissements majeurs afin de permettre au secteur privé de se développer. Prenez le transport, on a deux leviers : l’aéroport et le port. Mais la réalité est tout autre’’, a dit M. Sall.
Sur les résultats de l’étude, il a précisé que le travail a permis de prioriser certaines filières, à partir desquelles le PACE va disposer de deux leviers majeurs pour aller à l’action.
M. Sall n’a pas manqué de déplorer le ”coût exorbitant” du transport d’un camion de basalte vers Ziguinchor depuis Thiès.
Un exemplaire révélateur, à ses yeux, d’une région qui paraît proche des centres de décisions, tout en restant éloignée à cause des lourdes contraintes logistiques.
AT/ASB/AKS
