La ville de Pikine se lance dans la transformation du typha en bio-charbon et briques de construction   
La ville de Pikine se lance dans la transformation du typha en bio-charbon et briques de construction   

SENEGAL-ENVIRONNEMENT-INITIATIVE

Dakar, 29 jan (APS) – Un projet d’économie circulaire mise en oeuvre par la ville de Pikine, vise sur la valorisation de la biomasse de typha de la réserve naturelle urbaine de la Grande Niaye de cette commune de la banlieue dakaroise, en transformant cette espèce végétale envahissante en alternative durable à l’usage du charbon de bois traditionnel, a-t-on appris de son coordonnateur, El Hadji Guèye.

Dénommée Projet d’économie circulaire pour la valorisation de la biomasse de typha, cette initiative mise en oeuvre par la la commune de Pikine est exécutée en partenariat avec la coopération espagnole.

Il “vise à produire une énergie renouvelable à partir de la biomasse de typha collectée sur les plans d’eau de la RNU de la Grande Niaye de Pikine et transformée en bio-charbon”, a précisé son coordonnateur.

“La transformation du typha de la Réserve naturelle urbaine Grande Niaye de Pikine, communément appelée +Technopole+ en bio-charbon comme alternative au charbon de bois traditionnel offre une solution durable à la préservation de nos forêts contre la déforestation et à la lutte contre le réchauffement climatique”, a-t-il expliqué à l’APS. 

“Au-delà d’être une solution contre la déforestation, a-t-il poursuivi, il est un moyen de faciliter l’accès des ménages démunis à une énergie durable, de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de création d’emplois verts pour les jeunes et les femmes de la commune de Pikine”.

Il a signalé que dans le cadre de la mise en œuvre de ce projet, des jeunes ont été formés aux techniques de coupe et de séchage de typha, le projet ambitionnant de collecter 200 à 400 tonnes de typha par an, transformées en bio-charbon mais aussi en briques de construction, en broyant cette plante aquatique avec de la terre crue (latérite), des balles de riz ou de l’argile.

Selon El Hadji Guèye, ces briques sont généralement utilisées pour la construction de bâtiments adaptés à la chaleur et au climat du Sahel généralement.

“La construction de maisons à base de briques de typha (isolant thermique) constitue aussi un excellent moyen de lutte contre le réchauffement climatique, de réduction de la facture d’électricité et d’amélioration de l’efficacité énergétique”, a-t-il souligné.

Le Projet d’économie circulaire pour la valorisation de la biomasse de typha de la commune de Pikine participe aussi à la préservation de ce “poumon vert” de Dakar, confronté à une invasion rapide de cette plante, ce qui représente une menace pour sa biodiversité, notamment les oiseaux migrateurs.

Cette situation peut aussi provoquer un dysfonctionnement des plans d’eau.

La Réserve naturelle urbaine (RNU) de la Grande Niaye de Pikine est une zone humide par excellence qui s’étend sur 650 hectares, entre huit communes de la région de Dakar.

De l’avis du coordonnateur du Projet d’économie circulaire pour la valorisation de la biomasse de typha a par ailleurs souligné que “l’impact global de ce projet va au-delà de la commune de Pikine”.

“Ce projet tampon se focalise pour le moment autour du technopôle. Nous avançons et agissons localement pour un impact national”, a-t-il ajouté.

AB/BK