SENEGAL-SOCIETE
Sédhiou, 15, oct (APS) – Un comité régional de développement (CRD), consacré à la campagne de communication sur le projet de Transition énergétique juste (JET) au Sénégal , s’est tenu mercredi à Sédhiou (sud), avec pour objectif de sensibiliser les acteurs territoriaux aux enjeux, aux orientations et aux mécanismes de mise en œuvre du processus engagé depuis 2022, a appris l’APS, du chef de division des projets et programmes de l’ANER, Ma Diop Ndiaye.
Au cœur des discussions, figure l’ambition de porter à 40 % la part des énergies renouvelables dans le mix électrique sénégalais à l’horizon 2030, dans le cadre d’un partenariat avec plusieurs pays, dont la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni.
Cette orientation vise à accompagner le Sénégal vers un système énergétique plus diversifié, moins vulnérable aux fluctuations des prix des combustibles fossiles et davantage favorable au développement économique et social.
Selon Ma Diop Ndiaye, chef de la division des projets et programmes de l’Agence nationale pour les énergies renouvelables (ANER), la transition énergétique constitue, en effet, un levier essentiel pour soutenir les activités économiques, améliorer les conditions de vie des populations et répondre aux besoins croissants en électricité.
A Sédhiou, le taux d’électrification rurale étant estimé à 56 %, l’enjeu revêt une importance particulière, compte tenu des besoins encore importants des localités rurales en matière d’accès à une énergie fiable et accessible’’, a-t-il révélé.
M. Ndiaye a également rappelé que l’objectif est de favoriser une meilleure appropriation des orientations nationales par les autorités administratives, les collectivités territoriales, les services techniques et les autres acteurs concernés, afin que les ambitions de la transition énergétique puissent se traduire par des résultats concrets au bénéfice des populations.
Selon lui, la stratégie nationale du secteur de l’énergie, portée par une vision à l’horizon 2050, prévoit également des évolutions importantes du système électrique.
Parmi les ambitions évoquées figure, dit-il, la perspective de ramener le coût du kilowatt/heure à 60 francs CFA à l’horizon 2035. Il estime par conséquent que la concrétisation d’un tel objectif nécessitera toutefois des efforts conjoints, des investissements adaptés et une mobilisation durable des différentes parties prenantes.
A en croire le chef de division technique de l’ANER, la transition recherchée doit ainsi permettre de construire un système énergétique plus équilibré et plus flexible, capable de limiter la vulnérabilité du pays aux chocs extérieurs, tout en préservant les intérêts des consommateurs.
Pour les ménages, a-t-il ajouté, les producteurs et les entreprises, l’enjeu est de pouvoir disposer d’une électricité plus accessible, sans compromettre la viabilité économique du secteur.
La question de l’utilisation du gaz naturel a également été mise en perspective dans les réflexions sur l’évolution du système énergétique.
Pour M. Ndiaye, si cette ressource peut contribuer à diversifier les sources d’approvisionnement et à accompagner la transition, elle ne suffit pas, à elle seule, à garantir une baisse significative du coût du kilowatt/heure dans les conditions actuelles.
Dès lors, a-t-il soutenu , le développement à grande échelle des énergies renouvelables, notamment le solaire, l’éolien et l’hydroélectricité, apparaît comme une piste majeure pour réduire progressivement la dépendance aux combustibles fossiles et améliorer la compétitivité de la production électrique.
”Pour une région comme Sédhiou, cette orientation ouvre des perspectives en matière d’électrification rurale, de développement des activités génératrices de revenus et d’amélioration des services sociaux de base. Un accès plus régulier à l’électricité peut notamment contribuer au fonctionnement des structures de santé, des établissements scolaires, des unités de transformation agricole et des petites entreprises locales” a expliqué Ma Diop Ndiaye.
Au-delà des engagements et des échéances annoncées, indique le chef de division technique de l’Aner, le défi reste de faire de la transition énergétique un véritable instrument de progrès social : une énergie plus propre, certes, mais aussi plus accessible, plus fiable et mieux adaptée aux besoins quotidiens des populations sénégalaises.
Pour les acteurs réunis lors de ce CRD, il s’agit notamment de mieux faire comprendre les transformations attendues dans plusieurs domaines, parmi lesquels la production et la distribution de l’électricité, la valorisation de la biomasse, la mobilité durable et la réduction des émissions de dioxyde de carbone (CO₂).


Cette rencontre a permis de réunir les différentes parties prenantes autour des perspectives d’évolution du système énergétique national, dans un contexte marqué par la nécessité de réduire la dépendance aux combustibles fossiles, de renforcer la place des énergies renouvelables et de garantir un accès plus large à une électricité abordable, notamment dans les zones rurales.
OB/HB/ADL/AKS

