SENEGAL–SANTE–PERSPECTIVES
Dakar, 12 mars (APS) – L’Agence nationale de la couverture sanitaire universelle (SN-CSU) ambitionne d’accompagner le développement de la transplantation rénale au Sénégal, en vue d’arriver à une prise en charge moins couteuse des patients atteints d’insuffisance rénale, a déclaré, jeudi, à Dakar, son directeur général, El Hadji Séga Guèye.
“Nous voulons ensemble contribuer à l’amélioration de la qualité des soins avec la prise en charge de la transplantation rénale qui est une alternative à la dialyse, moins coûteuse et qui améliore surtout la qualité de vie des malades”, a-t-il indiqué.
Il s’exprimait à l’issue d’une visite effectuée dans des stands de dépistage des maladies rénales, à l’occasion de la Journée mondiale du rein, axée cette année sur le thème “La santé rénale pour tous – Prendre soin des personnes, protéger la planète”.
Cette journée de dépistage et de sensibilisation fut organisée avec l’apport du ministère de la Santé et de l’Hygiène sociale et celui du ministère de la Famille et des Solidarités.
Selon M. Guèye, la couverture sanitaire universelle dépense en moyenne sept milliards de francs CFA chaque année pour la gratuité de la dialyse, soit “47 % du budget alloué aux initiatives de gratuité, et ce montant évolue au regard de l’importante demande de dialyse”.
Il a insisté sur le fait que cet appui que la structure qu’il dirige entend apporter au projet de transplantation mis en avant par le ministère de la Santé et de l’Hygiène social entre dans le cadre d’une stratégie palliative visant à alléger les charges des patients.
Cette “approche systémique” comprend plusieurs aspects dont la prévention, la prise en charge, la transplantation rénale et les médicaments, selon le DG de l’Agence nationale de la couverture sanitaire universelle.
“Avec une greffe rénale à hauteur de 10 à 12 millions de FCFA, la personne atteinte de maladie rénale pourra vivre de manière épanouie jusqu’à la fin de sa vie, et éviter ainsi de dépenser environ 7 millions de FCFA tous les ans dans des séances d’hémodialyse”, a-t-il expliqué.
El Hadji Séga Guèye relève les difficultés liées au financement du projet, en émettant l’idée d’une levée de fonds qui permettra de constituer des ressources financières supplémentaires pouvant garantir la gratuité des soins.
Le professeur Fary Ka, membre du Conseil national de la transplantation, a fait observer que seules mille personnes bénéficient actuellement de la gratuité des séances d’hémodialyse dans les structures publiques du pays, malgré les financements de la SEN-CSU et la contribution des partenaires.
A l’en croire, les patients des structures sanitaires privées ne sont pas encore concernés par cette gratuité et payent la dialyse à 65.000 FCFA la séance.
“Malgré un engagement constant de l’Etat, la prise en charge de l’insuffisance rénale se heurte à des défis persistants relatifs notamment aux contraintes budgétaires, aux coûts élevés des intrants et à la complexité logistique”, a souligné Djibril Faye, conseiller technique au ministère de la Famille et des Solidarités.
Il a invité, pour une meilleure efficacité du projet de développement de la transplantation rénale, les collectivités territoriales, le secteur privé et la diaspora sénégalaise à se joindre à la dynamique de financement lancée par la SEN-CSU.
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