La science permet de détecter avec précision le croissant lunaire pour déterminer le calendrier des fêtes (chercheuse)
La science permet de détecter avec précision le croissant lunaire pour déterminer le calendrier des fêtes (chercheuse)

SENEGAL-RELIGION-ASTRONOMIE

Dakar, 18 mars (APS) – La chercheuse en astronomie Tabara Gackou prône une approche scientifique de l’observation du croissant lunaire afin de déterminer avec exactitude la date des évènements religieux musulmans, au regard des grandes avancées scientifiques enregistrées dans ce domaine.

Les avancées scientifiques permettent aujourd’hui de détecter le croissant lunaire avec une précision remarquable, allant jusqu’à quelques millimètres sur une distance moyenne d’environ 384 000 kilomètres, avec une marge d’erreur infime sur plusieurs décennies, a souligné la chercheuse dans un entretien avec l’APS.

“La visibilité du croissant lunaire repose sur des conditions physiques, astronomiques bien définies. Nous ne sommes plus à l’époque du tâtonnement. Les connaissances astronomiques sont désormais solides, accessibles et vérifiables”, a-t-elle dit.

Dans cette dynamique, elle préconise une observation continue de la lune afin de mieux suivre ses phases et comprendre son rythme, prônant une approche scientifique de son observation afin de déterminer avec exactitude la date des évènements religieux musulmans, tels que l’Eid-el-fitr ou Korité ou l’Eid-el-Adha ou Tabaski. 

Les fidèles musulmans sénégalais peinent à s’accorder depuis quelques années sur le calendrier des fêtes religieuses souvent célébrées à des dates différentes selon les confréries et obédiences, la Commission nationale pour l’observation du croissant lunaire (CONACOC) ayant choisi l’observation à l’œil nu du croissant lunaire. 

Or, en fonction des aléas climatiques et de données astronomiques, l’observation de la lune à l’œil ne donne pas toutes les garanties. 

Selon Mme Gackou, des critères tels que le décalage entre le coucher du soleil et celui de la lune, qui doit être d’au moins 21 minutes, l’élongation minimale entre ces deux astres, connue sous le nom de critère de Danjon, fixée à environ 7 degrés, ainsi que le taux d’illumination du croissant, qui doit atteindre environ 1 %, sont les critères pour une observation du croissant lunaire à l’œil nu.

À ces indices s’ajoute un intervalle minimale d’environ 14 heures 35 minutes entre la conjonction et l’observation, “des éléments qui ne relèvent pas d’opinions, mais de réalités mesurables, vérifiables et enseignées”.

Appelant à un changement de paradigme consistant à privilégier la connaissance, Mme Gackou considère comme que l’observation du croissant lunaire au Sénégal relève davantage d’une approche “événementielle”, souvent limitée aux périodes de Ramadan et de Tabaski. 

“La lune n’est pas un événement, c’est un cycle, une école permanente. La lune ne se devine pas, elle se comprend. Elle obéit à des lois précises, rigoureuses et constantes. Elle n’est ni aléatoire, ni mystérieuse au point d’être imprévisible”, a-t-elle soutenu.

Diplômée en banque et finance, Mme Gackou, initiée par l’expert sénégalais en astronomie Abdoulaye Gaye, s’intéresse à cette science depuis près de 15 ans pour des raisons liées à sa foi musulmane.

“Le soleil et la lune évoluent selon un calcul minutieux”, a-t-elle insisté, récitant le verset 5 de la sourate 55 du Coran, Ar-Rahman (« La Miséricorde »), soulignant que “cela montre que nous sommes face à un système d’une rigueur absolue, sans approximation”.

AN/ABB/BK