La question du ”travail invisible des femmes” au menu d’un panel
La question du ”travail invisible des femmes” au menu d’un panel

SENEGAL-ECONOMIE-GENRE

Dakar, 15 mars (APS) – La question du ‘’travail invisible des femmes’’ était au menu d’un panel organisé, samedi, par l’association Femmes africaines actives pour le développement (FAADEV).

”Le travail invisible des femmes : quelle réalité économique au Sénégal ?’’ était le thème de ce panel qui entre dans le cadre de la célébration de la 2e édition du mois de la femme.

Au Sénégal, notent les organisatrices, ‘’l’économie repose en grande partie sur un travail essentiel mais peu reconnu : le travail domestique et de soin non rémunéré, majoritairement assuré par les femmes’’.

Elles citent, entre autres, les soins aux enfants et aux personnes âgées, la gestion du foyer, l’approvisionnement alimentaire, l’accompagnement scolaire, le soutien communautaire.

Selon elles, ‘’ce travail, indispensable au fonctionnement de la société et de l’économie, reste pourtant non rémunéré, non comptabilisé dans le PIB, peu intégré dans les politiques publiques économiques’’.

”La valeur économique de ces soins-là et leur apport au PIB national doit être évalués. Ce qui repose sur des études axées sur tous les projets et les programmes qui sont déroulés tant par l’État que par les partenaires techniques financiers, que par nous, acteurs de développement, afin de définir l’apport des activités que mènent les femmes”, a soutenu Seynabou Pouye, présidente fondatrice de Femmes africaines actives pour le développement (FADEV).

”Nous avons jugé nécessaire de poser ce débat et de le mettre en lumière pour aujourd’hui essayer déjà d’en discuter, essayer de voir des pistes de solutions”, a-t-elle ajouté.

Pour Mme Pouye, ”si le travail de ces femmes-là n’est pas valorisé, il demeure un travail invisible”. Elle a rappelé que dans le monde rural, les femmes exercent 14 heures de temps de travail par jour qui ne sont pas valorisées, alors que ”normalement, 8 heures de temps de travail est payé”.

”Dans le monde urbain, les femmes font à peu près, 4 à 5 heures de travail invisible par jour qui ne sont pas payées”, a-t-il encore relevé.

Dans son intervention, la cheffe de la Division des organisations féminines à la Direction de l’autonomisation économique de la femme du ministère de la Famille a annoncé qu’un travail est en cours sur la question dans le cadre de l’élaboration de la Loi d’orientation sur l’autonomisation économique des femmes.

”Dans le cadre de l’élaboration de la loi d’orientation sur l’autonomisation économique de la femme, il y a des articles liés à cette question. Et on est aussi également en train de travailler sur un projet de décret d’application qui va exclusivement traiter de ces questions et essayer de trouver des réponses à ces problématiques”, a déclaré Dima Aby Sané.

Elle a rappelé que le ministère mène beaucoup d’actions sur ces questions d’autonomisation économique des femmes avec ses partenaires techniques.

”Nous avons décidé d’aller plus loin avec ce décret d’application de la loi d’orientation”, a-t-elle soutenu.

Le panel se voulait ”un espace de dialogue stratégique pour analyser l’impact économique du travail invisible des femmes au Sénégal et identifier des mécanismes de reconnaissance et de valorisation’’.

Les organisateurs voulaient ”sensibiliser les décideurs sur l’importance économique du travail domestique et de soin ; mettre en lumière les réalités vécues par les femmes en milieu urbain et rural ; favoriser un dialogue entre institutions publiques, partenaires techniques et organisations de femmes ; proposer des pistes de politiques publiques et mécanismes innovants (protection sociale, crédits adaptés, reconnaissance statistique) ; renforcer le plaidoyer national autour de l’économie des soins”.

NSS/OID