SENEGAL-MALI-DECENTRALISATION
Bakel, 16 sept (APS) – Une dizaine de maires de communes du département de Bakel et des localités maliennes d’Ambidébi et Sadiola ont signé mercredi les textes juridiques ouvrant la voie à la création d’un groupement local de coopération transfrontalière (GLCT), a constaté l’APS.
Des autorités administratives du Sénégal et du Mali, et des représentants des structures nationales chargées de la gouvernance des frontières entre les deux pays ont pris part à la cérémonie de signature de ce groupement regroupant six communes du département de Bakel et quatre autres des cercles d’Ambidédi et Sadiola du Mali.
La signature des textes juridiques actant la naissance de groupement de coopération s’inscrit dans le cadre du programme de renforcement de la résilience dans les zones frontalières (RéZo).
Cette initiative est financée par l’Union européenne (UE) et l’Allemagne par le biais de son agence internationale de coopération (GIZ) en charge de sa mise en œuvre.
“Tous les dix maires viennent de signer les trois documents qui régissent les statuts, les règlements intérieurs et la convention pour la mise en place du groupement local de coopération transfrontalière (GLCT) Ambidébi-Bakel-Sadiola”, a souligné Sadio Siccokho, adjoint du maire de Sadiola au Mali.
Elu également président pour trois ans à la tête du groupement, Sadio Siccokho compte s’investir pour le développement des localités, booster l’employabilité des jeunes et instaurer la paix entre les communes frontalières.
”Le GLCT doit être un levier de développement et on ne peut parler de développement sans la paix. En tant que maire, de part et d’autre, on est appelé par nos populations à intervenir au niveau des frontières. Si aujourd’hui. Le groupement va être d’un grand apport’’, s’est réjoui M. Cissokho.

Le groupement de coopération dénommé Ambidébi-Bakel-Sadiola va donner aux collectivités locales concernées un cadre structuré pour organiser leur dialogue, identifier ensemble leurs priorités et développer des initiatives communes de part et d’autre de la frontière, lit-on dans un document de présentation de l’entité.
Il contribuera à apporter des réponses aux enjeux qui touchent directement les populations, mentionne le document.
De son côté, Diarriayatou Ndiaye, adjointe du gouverneur de Tambacounda en charge du développement, a salué la mise en place de ce groupement, estimant que les populations de Bakel Ambidebi et Sadiola partagent des réalités communes et des défis qui dépassent les limites administratives et nationales.
”Ce programme s’inscrit dans une démarche ambitieuse visant à améliorer les conditions sociales, économiques, culturelles et institutionnelles dans les zones frontalières du Sénégal et du Mali en contribuant à la stabilité, à la cohésion sociale et à l’intégration économique’’, a-t-elle fait observer.

L’autorité administrative n’a pas manqué de signaler que l’initiative traduit également une volonté populaire de faire de la frontière un espace de coopération, d’opportunités, de dialogue plutôt qu’un espace de vulnérabilité et de conflit.
Elle a ainsi exprimé le vœu de voir le groupement local de coopération transfrontalière Ambidebi-Bakel-Sadiola devenir un modèle de coopération réussie fondé sur la confiance, la solidarité, la complémentarité et la recherche permanente de solutions aux intérêts des populations.
“Le Mali et le Sénégal sont deux frères unis par une histoire commune, une géographie partagée des liens culturels, économique profondément enraciné. Cette réalité nous enseigne que le défi transfrontalier appelle des réponses transfrontalières’’, s’est pour sa part félicité Adama Assagaidou Maïga, conseiller aux affaires économiques et financières du gouverneur de la région de Kayes (Mali).
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