SENEGAL-IDENTIFICATION-DIGITALISATION
Kaolack, 10 août (APS) – Le directeur général de l’Agence nationale de l’état civil (ANEC), Matar Ndao, a appelé, lundi à Kaolack (centre), à considérer l’état civil comme un instrument de souveraineté et une politique publique stratégique, estimant qu’il permet à l’État de connaître sa population afin de mieux répondre à ses besoins.
”L’état civil est un instrument de souveraineté. Il permet à l’État de connaître sa population, non pas pour la contrôler, mais pour mieux la servir. C’est pourquoi la modernisation de l’état civil doit être considérée comme une politique publique et stratégique. Elle doit être portée au plus haut niveau de l’État et bénéficier d’une mobilisation collective”, a-t-il déclaré.
M. Ndao s’exprimait à l’occasion de la célébration de la Journée africaine de l’état civil, organisée à Kaolack sous la présidence du préfet du département de Nioro du Rip, représentant le gouverneur de la région.
Le président du Conseil départemental de Kaolack, Ahmed Youssouf Benjelloun, des élus territoriaux, des officiers d’état civil et des délégués de quartier ont également pris part à la cérémonie.
Selon le directeur général de l’ANEC, les actes d’état civil constituent une source essentielle d’informations permettant aux pouvoirs publics de planifier et de mettre en œuvre les politiques publiques.
”Nous devons faire de l’enregistrement à l’état civil non pas une faveur administrative, mais un droit effectif pour chaque citoyen et chaque citoyenne”, a-t-il indiqué.
”L’état civil n’est donc pas une simple administration de documents. L’état civil est l’administration de l’existence juridique des citoyens”, a-t-il ajouté.
Matar Ndao a rappelé l’importance de l’enregistrement à l’état civil. Il a expliqué qu’un citoyen qui n’est pas correctement enregistré peut rencontrer des difficultés pour accéder à l’école, aux examens, aux services de santé, à la protection sociale, à la justice, aux services financiers et à l’emploi, ainsi qu’à l’exercice de certains droits civiques.
”Notre ambition est de transformer fondamentalement le système d’état civil”, a-t-il affirmé.
La célébration de cette journée est placée sous le thème ”La nouvelle décennie CRVS (2027-2036) : consolider les acquis de l’APAI-CRVS et garantir l’avenir de l’état civil et des statistiques de l’état civil en Afrique grâce à l’intégration, à la décentralisation et à la digitalisation”.

Cette rencontre a également servi de cadre au lancement de la quatrième phase du Plan national de remédiation du Logiciel de gestion de l’état civil (LGEC) et de la plateforme ”Sama État civil”, une opération nationale visant à accélérer la digitalisation des centres d’état civil sur l’ensemble du territoire.
Depuis le démarrage du Plan national de remédiation, en mai 2026, ”des avancées significatives” ont été enregistrées, selon le directeur général de l’ANEC.
Ainsi, 920 agents et officiers de l’état civil ont été formés dans les régions de Dakar, Thiès, Diourbel, Fatick et Louga.
Le Logiciel de gestion de l’état civil est désormais déployé dans 74 % des centres d’état civil, tandis que la plateforme ”Sama État civil”, qui permet aux citoyens d’effectuer en ligne les demandes d’actes d’état civil, est opérationnelle dans 189 communes.
La quatrième phase du Plan national de remédiation, démarrée à Kaolack, concernera également les régions de Kaffrine et Tambacounda. Elle vise à poursuivre le déploiement du LGEC, à activer la plateforme ”Sama État civil” dans les centres concernés et à renforcer les capacités des acteurs de l’état civil.
M. Ndao a, par ailleurs, plaidé pour l’amélioration des conditions de travail des agents de l’état civil, qu’il estime confrontés à une “situation de précarité préoccupante”.
Il a également appelé les pouvoirs publics à renforcer les moyens financiers de l’Agence nationale de l’état civil, notamment son fonds d’investissement, afin de lui permettre de mieux remplir ses missions.

Pour sa part, le président du Conseil départemental de Kaolack, Ahmed Youssouf Benjelloun, a insisté sur l’urgence de renforcer la mobilisation contre le vol d’identité, un phénomène ”qui a brisé des rêves et compromis l’avenir de plusieurs personnes”.
Il a réaffirmé l’engagement du Conseil départemental à accompagner l’ensemble des collectivités territoriales du département de Kaolack dans les actions de sensibilisation sur l’importance de l’état civil et de l’identité légale.
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