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Dakar, 19 juin (APS) – Les travaux du premier Congrès international sur la santé de la femme africaine ont mis en évidence, vendredi, à Dakar, plusieurs indicateurs ”préoccupants” relatifs à la santé des femmes et à l’accès aux soins, dont la prévalence de la dépression féminine estimée à 45%.
‘’Les échanges ont porté sur la santé mentale, décrite comme le parent pauvre des systèmes de santé. Selon les données présentées, la dépression touche entre 18 et 45 % des femmes, tandis que la dépression du post-partum atteint jusqu’à 35 % dans certaines régions du Sénégal’’, a déclaré le professeur Ndèye Mariéme Sougou.
Elle présentait la synthèse des travaux du comité scientifique à la cérémonie de clôture du premier Congrès international de la santé de la femme africaine qui s’est tenu du 18 au 19 juin dans la capitale sénégalaise.
Elle a souligné que les dépenses de santé peuvent représenter jusqu’à ”40 % des revenus des ménages”, une situation qui expose de nombreuses familles à une précarité sociale.
La chercheure à la Faculté de médecine de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar a par ailleurs relevé que la couverture des maladies grâce aux solutions numériques est estimée entre 52 et 53 %, saluant les efforts consentis par les États. Elle a estimé que des défis importants restent à relever pour parvenir à une couverture sanitaire universelle effective.
Évoquant l’offre de soins, Pr Sougou a indiqué que plus de 2 754 structures privées de santé sont recensées, dont 30 % sont détenues par des femmes, mettant en avant leur contribution à l’amélioration de l’accès aux soins sur l’ensemble du territoire.
Les résultats des travaux montrent aussi que 77,7 % des prestataires de santé de sexe féminin exerçant en milieu rural déclarent souffrir d’une fatigue mentale, illustrant les difficultés rencontrées par les soignants eux-mêmes.
Concernant les violences basées sur le genre, les participants ont souligné la nécessité de renforcer la coordination entre les secteurs de la santé, de la justice et des affaires sociales afin d’améliorer le parcours de prise en charge des victimes.
Sur le volet des maladies non transmissibles, les données issues du suivi communautaire de 1 197 femmes par la plateforme de suivi des femmes victimes de cancer dénommé ‘’PresiCare’’ font apparaître une prévalence de l’hypertension artérielle de 19,3 %.
Pour les experts, ces résultats plaident en faveur d’un dépistage de proximité et d’une prise en charge précoce, tout en appelant à une réduction des coûts des soins pour ces pathologies.
Les spécialistes ont également insisté sur l’importance de renforcer la prévention des cancers féminins, notamment ceux du sein et du col de l’utérus, considérés comme largement évitables grâce au dépistage et à une prise en charge précoce.
Le congrès a réuni 428 participants représentant 15 nationalités africaines. Six sessions scientifiques ont permis la présentation de 50 communications orales réalisées par 228 auteurs et coauteurs, dont 98 % de femmes.
À l’issue des travaux, le comité scientifique a recommandé d’étendre la protection financière dans le cadre de la couverture sanitaire universelle, d’intégrer systématiquement la santé mentale et le dépistage des violences basées sur le genre dans les politiques de santé, et d’investir davantage dans le dépistage communautaire des maladies non transmissibles.
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