Dakar, 8 mars (APS) – L’intérêt des quotidiens parvenus vendredi à l’APS se trouve partagé à part presque égale entre l’annonce officielle du démarrage de la campagne pour la présidentielle prévue le 24 mars et la commémoration de la Journée internationale de la femme.

Le Conseil constitutionnel s’étant accordé avec le président de la République pour la tenue du scrutin le 24 mars, la campagne électorale démarre samedi à zéro heure, annonce Le Soleil.

Le journal relève que le Conseil constitutionnel, qui avait fixé la date de la présidentielle au 31 mars, finalement “s’aligne sur le président de la République pour l’organisation du scrutin à la date du 24 mars 2024″.

“De la confusion à la délivrance”, affiche L’Observateur en allusion à la crise politique suscitée au Sénégal par le report de la présidentielle initialement prévue le 25 février dernier.

“Du 20 janvier, date de la publication de la liste des candidats retenus pour la présidentielle au mercredi 6 mars où le président Macky Sall a choisi une nouvelle date pour l’élection, il y a eu plusieurs décisions ou initiatives qui ont fait craindre le pire”, écrit le journal.

Dans cet intervalle de quelques semaines, “l’on est passé par plusieurs émotions. Plusieurs réactions. 4 morts”, rappelle L’Observateur, en revenant dans le détail sur les évènements ayant conduit à cette crise politique.

Le chef de l’État avait annoncé le 3 février dernier l’abrogation du décret convoquant les électeurs aux urnes, le 25 février, à moins de 24 heures du démarrage de la campagne électorale.

Macky Sall avait invoqué des suspicions de corruption agitées par le Parti démocratique sénégalais à l’encontre de deux membres du Conseil constitutionnel, après le rejet du dossier de candidature de Karim Wade – le candidat du PDS – pour double nationalité.

Cette annonce a été suivie, deux jours plus tard, du vote d’une loi reportant au 15 décembre prochain l’élection présidentielle.

“Quinze jours pour convaincre”

Dans une décision rendue le 15 février, le Conseil constitutionnel a jugé cette loi contraire à la Constitution.

Il a annulé en même temps le décret avec lequel Macky Sall a renoncé à la convocation des électeurs aux urnes pour l’élection d’un nouveau président de la République.

Le 16 février, dans un communiqué, le chef de l’Etat s’est engagé à pleinement exécuter la décision du Conseil constitutionnel invitant les autorités concernées à fixer la date de l’élection présidentielle.

Il a ensuite organisé un dialogue national en prélude au choix de la date du scrutin.

Les participants à cette concertation ont proposé que le chef de l’État convoque par décret les électeurs aux urnes, le 2 juin prochain, pour la tenue de l’élection présidentielle initialement fixée au 25 février dernier, avant d’être reportée sine die.

Ils proposent également que le président de la République sortant, dont le mandat prend fin le 2 avril, continue à diriger le pays jusqu’à l’élection de son successeur.

Mais toutes ces préconisations ont été rejetées par le Conseil constitutionnel qui a maintenu sa dernière liste de candidats – arrêtée à 19 – et fixé la date de l’élection au 31 mars, avant de se rallier à celle choisie par le chef de l’Etat.

Les quotidiens notent que le Conseil constitutionnel s’est aligné sur la date du 24 mars et annonce dans le même temps que la campagne électorale débute le 9 mars, avec “3 mn par jour pour chaque candidat”, comme précisé par Le Quotidien.

“15 jours pour convaincre”, affiche à ce sujet le même journal, pendant que Vox Populi titre : “La présidentielle en 16 jours chrono !”. Et le dernier quotidien nommé de signaler que le Conseil national de régulation de l’audiovisuel a réactualisé “sa décision du 31 janvier, fixant le temps d’antenne des candidats à l’élection présidentielle”.

“Le pouvoir change de camp”

“Le Conseil constitutionnel s’est rangé derrière la date du 24 mars. La campagne électorale débute le samedi 9 mars 2024 à 00 heure pour se terminer le vendredi 22 mars 2024 à minuit”, précise le quotidien Libération.

Mais à moins de 20 jours du scrutin, “il n’y a aucune lisibilité dans les agendas des candidats”, estime le quotidien Enquête, avant d’ajouter : “En sus de l’effet de surprise, les candidats sont confrontés au défi des moyens et du temps”.

Walfquotidien pointe lui la fin de mandat “difficile de Macky Sall”. “Les Sénégalais pensaient qu’il allait finir en beauté [avec sa décision de ne pas briguer un troisième mandat]. Mais ses derniers mois au pouvoir sont mouvementés. Macky Sall vit actuellement une fin de mandat difficile à cause de ses manœuvres visant à interrompre le processus électoral”, résume ce journal.

Malgré le poids de l’actualité politique, les quotidiens n’oublient pas de célébrer la gent féminine, en cette Journée internationale de la femme, à l’image de Sud Quotidien, qui titre : “Le pouvoir change de camp”. “Fabuleux destins des héroïnes de l’ombre”, renchérit L’Observateur, lequel quotidien dresse le portrait de différents profils de femmes qui, à force de volonté, sont parvenues à arracher leur autonomie.

Le Quotidien L’As ouvre sur la ministre de la Santé et de l’Action sociale, Marie Khémesse Ndiaye Ngom, décrite comme “un modèle de résilience et de performance”.

Bés Bi Le jour fait focus sur les femmes de médias. “Voix précieuses”, indique le journal à sa une, en revenant sur le parcours de Maïmouna Ndour, Absa Hane, Aminatou Diop, Annette Mbaye D’Eerneville, Nafissatou Diouf.

L’Info donne la parole à Zahra Iyane Thiam, une femme politique fort remarquée au sein du parti au pouvoir, l’Alliance pour la République, là où Kritik’ revient sur la condition des femmes dans les zones minières.

Selon ce journal, dans le cadre du programme pour la transparence et la redevabilité dans le secteur extractif (TRACES), le Forum civil organise, ce 8 mars, un atelier de renforcement de capacités sur le contenu local et l’autonomisation des femmes dans le secteur extractif.

“Un prétexte” pour interpeller le coordonnateur du Forum civil “sur la situation des femmes dans les collectivités minières. Plaidant pour moins de festivités et davantage d’actions, Birahim Seck n’y est pas allé avec le dos de la cuillère pour décrire, lamentablement, les conditions des femmes dans les zones minières”, selon le journal.  

 

BK 

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