SENEGAL-AFRIQUE-DONNEES-PROTECTION
Dakar, 7 sept (APS) – Le président de la Commission de protection des données personnelles (CDP) a assuré que la protection des données à caractère personnel, gage de confiance des citoyens, est une condition de réussite de la transformation numérique en Afrique, et non un frein à l’innovation.
‘’Une économie numérique sans confiance ne peut être durable’’, a notamment déclaré Ousmane Thiongane, à l’ouverture, lundi, à Dakar, d’un atelier sur la gouvernance des données personnelles réunissant une dizaine d’autorités africaines francophones de protection des données.
Cette rencontre, prévue jusqu’au 10 septembre, se tient sous l’égide du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), en collaboration avec la coopération allemande.
Selon M. Thiongane, l’essor de l’intelligence artificielle, des services numériques et des flux transfrontaliers de données impose aux Etats africains de trouver un équilibre entre la circulation et la valorisation de celles-ci et la protection des droits et libertés des citoyens.
‘’Comment construire une Afrique qui soit à la fois une Afrique de la donnée, une Afrique de l’innovation et une Afrique de la confiance ?’’, s’est-il interrogé, estimant que cette problématique se trouve au cœur des enjeux actuels de gouvernance des données.
Il a souligné que les données sont désormais au centre de la transformation numérique, de l’intelligence artificielle, de la recherche, de la santé, de l’éducation, des services publics et du développement économique.
Dans ce contexte, le président de la CDP a plaidé pour une implication accrue des autorités en charge de la protection des données dans l’élaboration des mécanismes de transferts transfrontaliers, des politiques de partage et des stratégies nationales de gouvernance de ces dites données.
Plaidoyer pour une réponse commune aux défis africains de la donnée
Ousmane Thiongane a notamment appelé les pays africains à renforcer leur coopération, privilégier le partage d’expériences et l’apprentissage entre pairs, et harmoniser leurs législations.
‘’Nous devons construire ensemble des réponses africaines aux défis africains de la donnée’’, a-t-il insisté, soulignant que la diversité des expériences nationales doit constituer ‘’une richesse collective’’.
‘’Les échanges doivent porter aussi bien sur les réussites que sur les difficultés rencontrées par les différentes autorités, afin d’identifier les pratiques susceptibles d’être adaptées aux réalités des différents pays’’, a-t-il poursuivi.
Pour M. Thiongane, cette dynamique doit contribuer à faire émerger une Afrique capable de valoriser ses données, développer ses propres innovations et tirer parti de l’intelligence artificielle, tout en garantissant une protection effective des droits des personnes.
‘’Nous sommes plus forts lorsque nous construisons ensemble’’, a-t-il lancé, souhaitant que les participants repartissent de Dakar avec ‘’de nouvelles idées, de nouveaux contacts et de nouvelles méthodes’’.
Cette rencontre de Dakar, indique le dossier de presse, s’inscrit dans le cadre des efforts de l’Union africaine de renforcer la gouvernance et la protection des données.
Elle permet à la CDP de partager l’expérience sénégalaise et aux autorités participantes d’échanger sur leurs pratiques en matière de contrôle, de conformité et de sensibilisation, avec pour objectif de renforcer leur efficacité et la coopération régionale.
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