Keur Madiabel : une baisse des stocks de légumes et une flambée des prix au marché hebdomadaire
Keur Madiabel : une baisse des stocks de légumes et une flambée des prix au marché hebdomadaire

SENEGAL-COMMERCE-HIVERNAGE

Keur Madiabel (Nioro), 7 août (APS) – Les étals de commerçants du marché hebdomadaire (louma) de la commune de Keur Madiabel, récemment aménagé grâce à l’implantation d’une Zone économique spéciale de développement (ZESD), renseignent sur la baisse actuelle des stocks de légumes provenant principalement de la production maraichère locale et des grands marchés régionaux du Sénégal.

Relié à plusieurs sources d’approvisionnement par des axes routiers, le point de vente hebdomadaire de Keur Madiabel qui se tient tous les mercredis, est devenu difficile d’accès aux véhicules de marchandises, en cette période d’hivernage, entrainant une rareté de certaines denrées comme les légumes et d’autres produits de consommation.

La commune de Keur Madiabel est située à environ 33 kilomètres de la ville de Kaolack et à environ 261 kilomètres de Dakar.

La rareté des légumes, conjuguée à la hausse des coûts du transport, et  à l’accès difficile de cette localité, ont entraîné une flambée immédiate des prix de vente des légumes. 

L’accès aux denrées de grande consommation est devenu un casse-tête pour les familles à Keur Madiabel, tandis que les commerçants voient leurs marges bénéficiaires s’effondrer, face à la frustration des clients.

Des choux, des carottes, du manioc, de la pommes de terre et autres produits maraîchers sont proposés en quantités limitées aux clients.

‎Derrière leurs étals, des vendeurs déplorent cette période particulièrement difficile marquée par de fortes pluies, une dégradation des pistes rurales et une perturbation des circuits d’approvisionnement du marché hebdomadaire provenant de différentes zones du pays et du Mali.

”Les légumes sont devenus extrêmement chers”, a déploré Pape Ndiaye, commerçant au marché hebdomadaire de Keur Madiabel.

”Le sac qui coûtait entre 11 000 et 12.000 francs CFA en saison sèche est vendu aujourd’hui à près de 36 000 francs CFA. Nous sommes obligés de vendre le kilogramme entre 800 et 900 francs CFA”, a-t-il indiqué. 

Il a précisé qu’une grande partie des légumes consommés dans le département de Nioro provient du Mali. ”Actuellement, à cause des difficultés rencontrées par les transporteurs sur les routes, les stocks disponibles ont drastiquement diminué”, a-t-il ajouté.

‎”En plus de cela, poursuit-il, la production maraichère provenant du Walo dans le nord du pays, n’arrive plus à satisfaire la demande locale, une situation qui a fait que les légumes sont devenus rares et les prix continuent de grimper”.

‎À cette situation s’ajoutent les difficultés de transport causées par la détérioration des pistes de production reliant les villages du département de Nioro.

‎”Pour nous rendre de Keur Madiabel à Ndramé Escale, nous payons désormais près du double du tarif habituel. Nous réduisons ainsi nos achats, car les légumes se détériorent rapidement avec l’humidité”, a confié le commerçant, soulignant qu”investir davantage, en cette période d’hivernage, représente un risque important”.

‎Ce ralentissement de la production maraîchère locale accentue également les tensions sur le marché.

‎”Dans le département de Nioro, beaucoup de producteurs interrompent leurs activités pendant l’hivernage. Le marché devient alors largement tributaire des approvisionnements extérieurs”, a encore expliqué Pape Ndiaye.

‎Dans les allées du marché, certains consommateurs marchandent avant de faire leurs achats. D’autres se contentent de petites quantités ou renoncent purement à certains légumes dont les prix sont devenus hors de portée de leur budget.

‎En attendant une amélioration de la circulation et une reprise des approvisionnements, commerçants et consommateurs espèrent une baisse progressive des prix pour redynamiser les activités commerciales de ce marché hebdomadaire niché au coeur du Saloum.

MS/MK/AB/MTN