Kaolack : près de 8 000 poches de sang collectées par le Centre régional de transfusion sanguine en dix mois
Kaolack : près de 8 000 poches de sang collectées par le Centre régional de transfusion sanguine en dix mois

SENEGAL-SANTE-COLLECTE

‎Kaolack, 21 oct (APS) –Dans la salle de prélèvement du Centre régional de transfusion sanguine (CRTS) de Kaolack (centre), les agents s’activent autour des donneurs installés dans les fauteuils. Les prélèvements s’enchaînent et les poches recueillies sont soigneusement prises en charge. Depuis sa mise en service, la structure a collecté près de 8 000 poches de sang, a indiqué son directeur, le docteur Babacar Diagne.

‎“Nous sommes pratiquement à 8 000 poches et nous ne sommes pas encore à la fin de l’année”, a déclaré M. Diagne, dans un entretien avec l’APS, soulignant une “progression” par rapport aux quelque 7 000 poches collectées annuellement auparavant par la banque de sang de l’hôpital régional.

‎‎Dans ce centre inauguré le 9 décembre 2025, le parcours du donneur obéit à un circuit organisé, depuis les premières formalités jusqu’à la salle de prélèvement. Les agents se répartissent les tâches, tandis que les équipements permettent d’assurer la conservation et le traitement des produits sanguins dans des conditions adaptées.

‎Ce matin-là, plusieurs donneurs rencontrés sur place sont venus répondre aux besoins d’un proche hospitalisé. Leur présence illustre le rôle des dons dans la prise en charge des malades, même si le centre entend renforcer la mobilisation des donneurs bénévoles et réguliers.

‎‎Le CRTS de Kaolack s’inscrit dans la politique nationale de transfusion sanguine pilotée par le Centre national de transfusion sanguine (CNTS), qui vise à doter chaque capitale régionale d’une structure spécialisée. Selon son directeur, l’expérience de Kaolack est appelée à servir de “modèle” pour le développement de centres similaires dans les autres régions.

Kaolack : près de 8 000 poches de sang collectées par le Centre régional de transfusion sanguine en dix mois

‎‎Parmi les avancées enregistrées, Dr Diagne a cité la possibilité de fractionner une poche de sang total en plusieurs produits, notamment les globules rouges, les plaquettes et les facteurs de coagulation, afin de répondre aux besoins spécifiques des patients.‎

‎“Une seule poche peut sauver trois vies”, a-t-il rappelé, précisant que les produits issus d’un même don peuvent bénéficier à plusieurs malades, selon leurs besoins médicaux.

‎‎La présence de cette infrastructure dans la région contribue également à réduire les déplacements des patients de Kaolack et des localités environnantes vers Dakar pour accéder aux produits sanguins, a-t-il ajouté.

‎Avant leur utilisation, les dons suivent plusieurs étapes de préparation et de contrôle. Le laboratoire du centre assure notamment la qualification biologique destinée à rechercher d’éventuels agents infectieux transmissibles par le sang et à garantir la sécurité des produits distribués aux structures sanitaires.

‎Malgré ces avancées, le fonctionnement du Centre régional de transfusion sanguine reste confronté à des difficultés, notamment l’absence d’un budget dédié pour 2026 et le manque de moyens logistiques pour organiser des collectes mobiles.

‎Le directeur a indiqué que les autorités sanitaires locales et nationales recherchent des solutions, avec l’espoir de disposer d’un budget de fonctionnement en 2027.

Kaolack : près de 8 000 poches de sang collectées par le Centre régional de transfusion sanguine en dix mois

‎En attendant, le centre bénéficie notamment de l’appui logistique de la direction régionale de la santé et de la direction de l’hôpital El Hadji Ibrahima Niass pour organiser des collectes dans les localités de la région et dans les régions limitrophes.

‎“Un centre de transfusion ne peut pas fonctionner sans véhicule”, a insisté le docteur Diagne, soulignant la nécessité de disposer d’un véhicule, du carburant et d’un chauffeur pour assurer les déplacements des équipes.

‎‎A ces contraintes s’ajoute la faible mobilisation des donneurs bénévoles et réguliers. Selon le DRS, Kaolack reste en deçà des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui préconise au moins dix donneurs réguliers pour 1 000 habitants afin de favoriser l’autosuffisance en produits sanguins.

‎‎“A Kaolack, nous n’atteignons même pas cinq donneurs pour 1 000 habitants”, a-t-il déploré, lançant un appel aux populations pour un engagement accru dans le don bénévole et régulier de sang, indispensable à la disponibilité des produits sanguins dans les structures sanitaires de la zone centre.

MS/HK/MTN