SENEGAL-AGRICULTURE
Kaolack, 22 jan (APS) – L’atteinte de la souveraineté alimentaire au Sénégal passe ”nécessairement” par la disponibilité de semences de qualité, notamment dans le domaine de la riziculture, a soutenu, jeudi à Kaolack, Mbaye Diop, chercheur à l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA).
Il participait à une réunion de travail avec les parties prenantes du Programme agricole Italie-Sénégal (PAIS), une initiative de l’Agence italienne pour la coopération pour le développement visant à renforcer les jeunes et les femmes pour un développement local durable.
La rencontre a permis de faire le point sur l’accompagnement du PAIS durant la dernière campagne agricole et de discuter de l’utilisation des semences de base produites pendant l’hivernage, afin de bien préparer la prochaine campagne agricole.
”En termes d’accompagnement, les résultats sont assez satisfaisants puisque sur les dix producteurs qui ont été ciblés, six d’entre eux ont eu des productions prometteuses”, a relevé Mbaye Diop, selon qui l’ISRA est en train de mettre en place le processus de développement de la filière semencière rizicole dans les trois départements de la région de Kaolack.
Selon lui, à travers une convention signée avec le PAIS, l’ISRA a fourni, pour démarrer le processus de mise en place de la filière prébase, les premiers niveaux de semences déjà utilisées par les riziculteurs.
De l’avis du chercheur, les plus hautes autorités du Sénégal ont compris que le bassin arachidier, correspondant à la région de Kaolack, est devenu un bassin agricole en général.
Il a relevé que l’eau constitue la ”véritable contrainte” de l’agriculture, de manière générale, avec le phénomène de changement climatique, ce qui a conduit l’ISRA à mettre en place des variétés de semences adaptées à la sécheresse.
”L’ISRA a également travaillé sur les questions liées à la salinisation des sols avec des variétés de semences de riz qui sont tolérantes à la salinisation, comme le Waar. Depuis quatre ans, l’ISRA avait travaillé dans la région de Fatick sur la salinisation des terres avec la riziculture. On avait testé cette variété, couplée à la matière organique, et on a eu des rendements de 5 à 7 tonnes à l’hectare sur des terres qui étaient salées”, a-t-il souligné.
Pour le président de la coopérative semencière de riz du département de Nioro du Rip, Ousmane Sarr, ”la principale difficulté des riziculteurs demeure l’accès difficile au matériel agricole”. Il a toutefois salué la bonne collaboration entre l’ISRA et le PAIS.

De son côté, Rokhy Diop, une productrice de la commune de Médina Sabakh, localité située dans le département de Nioro du Rip, les femmes s’activent dans les activités agricoles, particulièrement dans la riziculture et la production de semences.
”Nous voulons être davantage soutenues, surtout que les intrants agricoles font souvent défaut dans ce pays. Plus nous serons soutenues en matière de semences et d’autres intrants agricoles, plus nous serons autonomes et pourrons contribuer à l’atteinte de la souveraineté alimentaire”, a-t-elle déclaré.

ADE/BK

